BOISSONS

               
              

    Grenadine à l'espagnole
    Exprimer le jus des grenades (deux méthodes : Fruits coupés en deux et presse-agrumes, ou grains détachés un à un puis centrifugeuse à bas régime ou moulin à légumes). Ajouter du sucre, en respectant les proportions de quatre parts de jus pour sept parts de sucre, et bien mélanger. Faire cuire à feu doux pendant dix minutes à un quart d'heure. Vérifier le sirop et filtrer avant de mettre en bouteilles. Boire très frais, additionné d'eau et de glace.

    Thé aux fruits rouges
    Mettre dans une jatte 100 grammes de fraises des bois, 100 grammes de groseilles et 100 grammes de framboises. Arroser du jus d'un citron. Ajouter un litre de thé froid et laisser macérer au moins cinq heures au réfrigérateur. Servir bien mélangé, avec des glaçons.

    Vin de citron (méthode rapide)
    Mettre les zestes de trois citrons dans neuf décilitres de vin blanc sec additionnés d'un décilitre d'alcool à 90°. Ne pas utiliser d'eau de vie, qui dénature le goût. Faire macérer pendant 24 heures. Puis mettre le tout dans une casserole et ajouter 150 grammes de sucre. Faire chauffer à feu doux en remuant jusqu'à ce que le sucre soit fondu. Laisser refroidir et filtrer. Apéritif très plaisant, à servir frais.

    Liqueur de gargailloux
    Mettre deux belles poignées de gargailloux bien mûrs (mous) dans un litre d'eau-de-vie. Gargailloux est le nom donné dans le Berry aux cynorrhodons, fruits de l'églantier (Rosa canina). Laisser macérer douze mois, filtrer et ajouter cinq cents grammes de sucre dilués dans un grand verre d'eau. Mettre en bouteille.

    Cormé
    Mettre la récolte de cormes (fruits du cormier, Sorbus domestica L.) blettes dans un tonneau débouché, avec une quantité d'eau égale à la quantité de fruits. Laisser fermenter jusqu'à ce que l'effervescence se calme (quelques jours). Boucher le tonneau et attendre dix jours. Le cormé est alors prêt à être consommé.

    Sirop de cormes
    Mettre les cormes (fruits du cormier, Sorbus domestica L.) bien blettes dans un récipient. Recouvrir d'eau bouillante et laisser macérer cinq heures. Filtrer en exprimant bien le jus à l'aide d'un fin linge propre. Verser le jus dans une bassine et ajouter du sucre roux, à raison d'un kilo par litre de jus. Faire cuire en mélangeant jusqu'à ce que le sirop prenne (environ un quart d'heure). Mettre en bouteille et stériliser pendant quinze minutes pour assurer une bonne conservation.
    Une aimable internaute québécoise nous a fait parvenir une variante et quelques suggestions d'utilisation :
    "Comme le sucre roux ne m'est pas très connu, j'ai adapté la recette en employant le sucre blanc à raison de 3 tasses de sucre pour 4 tasses de jus ; j'ai laissé fondre lentement puis bouillir environ 40 minutes, pour lui donner la consistance du sirop d'érable bien québécois. Je l'ai utilisé, additionné d'eau fraîche, en boisson désaltérante très agréable au goût. Je le trouve également délicieux dans ma tasse d'eau chaude le soir. Nature sur les crêpes, le yogourt et autres desserts, à la place du sirop d'érable, il est excellent et je vous avouerai qu'il a déjà ma préférence".

    Cidre de pommes d'ornement
    Au-delà de leur petite taille et de leur saveur généralement acidulée et parfois astringente, les fruits très décoratifs des pommiers d'ornement sont tout à fait comestibles. Il existe même des variétés assez plaisantes crues ('Butter Ball', 'John Downie', 'Orange'...) ou agréables blettes ('Golden Hornet').
    Avec les fruits de tous les pommiers d'ornement, on peut fabriquer un cidre familial, plus clair que le cidre des pommes classiques. Cueillir des pommes d'ornement bien mûres et les laisser encore vieillir trois jours. Les découper en tranches en enlevant les pépins. Les mettre dans un récipient avec de l'eau, à raison d'un litre d'eau par kilo de fruits. Couvrir et laisser macérer une semaine. Filtrer, puis ajouter du sucre en proportion de 300 grammes pour un litre. Laisser fermenter trois jours, enlever l'écume et soutirer dans un autre récipient. Laisser fermenter à nouveau jusqu'à la fin de l'effervescence (environ trois semaines) et soutirer pour mise en bouteilles qui seront bouchées.

    Sirop de griottes de la Toussaint
    Le griottier de la Toussaint (Prunus cerasus semperflorens) est un arbuste magnifique, surtout si on lui laisse exprimer son port semi-pleureur en ne le taillant pas. L'abondance particulière de ses fruits, qui pendent en grappes au bout de très longs pédoncules, constituent un merveilleux spectacle qui se prolonge longtemps en saison. Bien qu'ils soient acidulés, ils sont assez doux pour être mangés crus. Mais la récolte est bien trop importante pour être consommée entièrement à l'état frais. Outre la compote et la confiture, les griottes de la Toussaint se prêtent bien à la confection d'un sirop typé.
    Les pédoncules étant très difficiles à détacher et les fruits se présentant en grappes, le plus pratique est de "peigner" verticalement les grappes avec les doigts afin de recueillir les griottes qui, elles, se détachent facilement du pédoncule.
    Porter les fruits non dénoyautés à ébullition, sans ajouter d'eau, pendant trois minutes, tout en remuant. Egoutter les griottes de façon à récupérer le jus (les griottes égouttées peuvent être placées en boîte au congélateur pour être consommées ultérieurement telles quelles, ou peuvent être utilisées pour faire de la confiture). Faire réduire le jus récupéré du cinquième de son volume. Ajouter 800 grammes de sucre par kilo de jus réduit. Porter à ébullition pendant trois minutes tout en remuant bien. Mettre en bouteilles préalablement ébouillantées et séchées. Le sirop de griottes de la Toussaint se consomme additionné d'eau, en proportions variables selon les goûts de chacun.  

    Vin de goumi du Japon
    Je possède en Savoie deux plants d'Elaeagnus multiflora (goumi du Japon).
    J'utilise les fruits pour réaliser un petit vin naturel, recette transmise par mon grand-père qu'il a lui-même reçue de moines de l'Est de la France. En effet, mes Elaeagnus multiflora proviennent de pieds qui étaient cultivés à l'origine par des moines dans la région de Baccarat (Meurthe et Moselle). Mon grand-père en a récupéré des boutures, qu'il a multipliées chez mes parents dans les Vosges et ensuite chez moi par marcottage. Les fruits sont acides. Il existe des cultivars à fruits doux, tel 'Sweet Scarlet', importé des USA, mais je ne les ai jamais expérimentés.
    Cueillir des fruits bien mûrs, les écraser dans une bassine et laisser macérer pendant 3 jours. Ensuite presser le jus et le filtrer. Pour 1 litre de jus obtenu, il faut 2 litres d'eau et 1 kilo de sucre. Faire fondre le sucre dans l'eau avant de mélanger à froid avec le jus. Mettre le tout en bonbonne ouverte remplie jusqu'en haut du goulot. Laisser fermenter (bouillonnement et débordement de mousse qui entraîne les inpuretés) et ajouter un peu d'eau au fur et à mesure. Stocker la bonbonne au noir pour éviter que mouches et moucherons, attirés par le sucre, ne viennent pondre et fassent tourner la mixture au vinaigre. Quand il ne se produit plus de mousse, couvrir la bonbonne et laisser reposer pendant 9 mois. Mettre en bouteilles, type bouteille de champagne avec un muselet car certaines bouteilles peuvent continuer à travailler et le vin devient pétillant... Et attention à l'ouverture! Suivant les années le vin est plus ou moins sucré et pétillant, voire pas du tout.

    Apéritif à la nèfle
    Le Musée du Sabot, qui se situe au sein du dynamique village de La Haye-de-Routot, dans l'Eure, a eu la gentillesse de nous communiquer les recettes d'apéritif, liqueur et ratafia de nèfles.
    Nous parlons ici des nèfles germaniques, fruits de Mespilus germanica L., à ne pas confondre avec les nèfles du Japon, fruits de Eriobotrya japonica (Thunb.) Lindl.
    Elles se consomment blettes, à l'état cru, se conservent également crues sous forme de pulpe congelée mais on peut aussi les transformer.
    Quel est le lien entre la nèfle et le Musée du Sabot ? Logé dans une chaumière du 17ème siècle, ce petit musée comporte plusieurs pièces, dont l’une contient une vaste cheminée. Avec ses meubles et ustensiles, cette pièce est le “théâtre” d’évocations de la vie quotidienne du début du 20ème siècle : Fabrication du beurre en baratte de verre, cuisine “à l’âtre”, soupe et mets à base d’ortie et / ou de plantes sauvages, cuisine du sureau et de la nèfle… Ces animations ont pour but de mettre les visiteurs, pour la plupart citadins, dans une ambiance véritablement rurale.
    Voici comment confectionner l'apéritif à la nèfle.
    1 litre de vin blanc, 12 nèfles blettes à point, un petit verre d’eau de vie et environ 100 g de sucre. Piquer les nèfles avec une aiguille pour les faire macérer dans le vin une semaine. Ajouter le sucre et l’alcool et continuer la macération durant 45 jours. Filtrer, mettre en bouteilles et laisser vieillir au frais quelques mois.

    Liqueur de nèfles
    350 g de pépins de nèfles, 1 litre d’eau de vie  45°, 1 zeste d’orange non traitée, 200 g de sucre, 1 verre à liqueur de cognac. Mettre dans un bocal fermant hermétiquement les pépins, l’eau de vie, le sucre et le zeste d’orange. Fermer et exposer au soleil durant 5 semaines, en secouant souvent. Filtrer, ajouter le cognac. Laisser encore macérer un mois, puis filtrer à nouveau et mettre en bouteilles.

    Ratafia de nèfles
    500 g de nèfles blettes à point, 1/2 l eau de vie 45°, 1/2 citron non traité. Un bocal fermant hermétiquement. Pour le sirop : 250 g de sucre, 30 cl d'eau. Ecraser les fruits, ajouter le zeste râpé du citron. Mettre le tout dans le bocal, ajouter l’eau de vie. Après un mois de macération, passer au tamis et presser la pulpe. Filtrer. Ajouter le sirop, mélanger, filtrer à nouveau.

     

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