TRANSFORMATION
Utilisation
de la poncire
La quasi-totalité des ouvrages de botanique
et des magazines de jardinage indiquent que la poncire, fruit du poncirier, Poncirus trifoliata (L.) Raf., n'est
pas comestible et ne présente qu'un intérêt décoratif. C'est faux.
En fait, la concentration d'huiles essentielles à saveur brûlante et
désagréable réside
dans l'écorce du fruit et disparaît à la cuisson. Voici les utilisations que nous pratiquons en fonction de cette
particularité :
.... Fruit non épluchés : Confiture de poncires seules (dosage du sucre selon le goût de chacun) ; marmelade en mélangeant moitié pour moitié des poncires entières et des morceaux d'oranges douces pelées.
... Pelures : Marmelade de pelures (seule la partie jaune de la pelure est utilisée ; elle doit être débarrassée de la couche interne spongieuse et blanche mais elle reste assez épaisse).
Nota bene : Le fruit peut se consommer ou être utilisé cru. Voir les différentes façons d'exploiter le fruit cru dans la sous-rubrique "Récolte et consommation" de la rubrique "Astuces de planteurs".
Ne rien perdre
des nashis
Les fruits du nashi, Pyrus pyrifolia
(Burm. f.) Nakai, ont tendance à tomber
naturellement lorsqu'ils sont encore petits et verts. De plus un éclaircissage
manuel s'impose souvent pour obtenir des fruits de belle taille, ce qui
augmente le nombre de fruits perdus. Enfin, les attaques de nos
amis champignons, insectes et oiseaux atténuent significativement
la part consommable de nombre de fruits restants. Avec
ces trois rebuts (chute naturelle, éclaircissage manuel, reliquats des fruits
attaqués), je
confectionne une agréable compote. Pour cela, je porte à ébullition, puis
fais cuire dix minutes à feu doux, l'ensemble
des rebuts et reliquats, après les avoir soigneusement pelés et avoir ôté les
pépins. Je les passe ensuite au mixer et je les mets en boîte au congélateur.
Ceci sans aucun ajout de sucre avant ou après cuisson. Décongelé et
servi très frais, ce dessert de couleur
et de texture agréables, d'un goût peu prononcé mais perceptible,
est particulièrement léger et rafraîchissant. Pour le moment, je ne
l'ai réalisé qu'avec la variété 'Hosui'. Un visiteur du site m'a aimablement
signalé qu'il réussissait de même avec la variété 'Kumoï'.
Gelée de cornouilles
Ramasser les cornouilles (fruits
du cornouiller mâle, Cornus mas L.) lorsqu'elles sont bien mûres et molles
(couleur pourpre foncé pour les variétés à fruits rouges; couleur jaune
foncé pour les variétés à fruits jaunes, mais avant qu'elles ne tournent
au jaune blanchâtre, signe de surmaturité). Pour accélérer la récolte, on
peut secouer légèrement l'arbuste afin que les fruits chutent au sol. Si
on est obligé de les récolter avant complète maturité, on peut laisser évoluer
les fruits à température ambiante de la maison car ils continuent à mûrir
hors de la plante.
Mettre les cornouilles dans une casserole. Ajouter un
peu d'eau. Porter à ébullition pour faire crever les fruits. Laisser tiédir.
Mettre dans une passoire à gros trous et écraser à la main pour recueillir
un jus épais. Récupérer ce qui reste dans la passoire, le remettre dans la
casserole avec un peu d'eau et renouveler l'opération. On peut recommencer
une troisième fois. Ce procédé permet de récupérer le jus et une partie
de la pulpe sans trop de difficultés car la chair adhère fortement
au noyau. Porter à ébullition un kilo de cette purée, ajouter un sachet
de pectine et cuire trois minutes. Ajouter 900 grammes de sucre, bien remuer,
attendre la reprise de l'ébullition et cuire à nouveau trois minutes
sans cesser de remuer. Mettre en pots ébouillantés et séchés. Fermer et
laisser les pots retournés sur le couvercle une dizaine de minutes. Ceci
afin de prévenir la formation de moisissures. La gelée de cornouilles
est légèrement acidulée. Elle s'accorde particulièrement bien avec les pommes
cuites au four. Suggestion de présentation : Au moment de servir, remplir
de gelée de cornouilles le centre évidé des pommes, en faisant déborder largement.
Si vous souhaitez supprimer ou tempérer le caractère acidulé de la
gelée de cornouilles, il convient de bien savoir déterminer le stade de
perte d'acidité des fruits. A cet effet, se reporter au paragraphe
concerné de la rubrique "Astuces de planteurs" du site,
où se trouve détaillée la façon d'opérer.
Gelée de baies
de myrte
Laver sans faire tremper 500 grammes de baies de myrte
et les mettre dans une bassine à confiture. Ajouter de l'eau à niveau et
porter à ébullition. Baisser ensuite à feu doux et laisser éclater les fruits
pendant un quart d'heure. Passer au tamis en écrasant avec une cuillère.
Peser le jus et ajouter le même poids de sucre ainsi que le jus d'un demi-citron.
Porter à ébullition, écumer et laisser cuire une dizaine de minutes. Vérifier
la consistance : La gelée doit figer en quelques secondes. Mettre en pots.
Coulis de
figues de Barbarie
Piquer les figues avec une fourchette et les peler
(la peau s'enlève assez facilement). Lorsque toutes les figues sont pelées,
les mettre dans une casserole en ajoutant un verre d'eau et les faire cuire
doucement quelques minutes pour les ramollir. Passer ensuite au moulin à
légumes de manière à éliminer les graines. Remettre à cuire à feu doux en
ajoutant 200 grammes de sucre au kilo et, en fin de cuisson, un filet de
citron. Mettre en bocaux. Ce coulis s'accorde particulièrement avec les
viandes de volaille, notamment le magret de canard. Sa belle couleur
ambrée permet aussi de décorer agréablement les assiettes avec glaces
et fruits.
Compote de
feijoas
Extraire la pulpe des feijoas bien mûrs à la petite cuillère
après les avoir coupés en deux. Mettre dans une casserole. Porter à ébullition.
Puis faire cuire à feu doux dix minutes en remuant. En cours de cuisson,
ajouter 60 grammes de sucre par kilo de pulpe (soit six pour cent seulement).
Laisser tiédir puis mettre en boîte. Après refroidissement, congeler. Consommation
: Après décongélation, frais mais non glacé. Extrêmement aromatique. Cette
méthode de transformation est exceptionnellement valable pour le feijoa,
la congélation de pulpe fraîche donnant un résultant décevant : Aspect brunâtre (oxydation), liquéfaction excessive, texture visqueuse, perte
d'une grande partie de la saveur.
Confiture de
feijoas
Extraire la pulpe des feijoas bien mûrs à la petite cuillère
après les avoir coupés en deux. Mettre un kilo de pulpe dans une casserole. Porter à ébullition. Ajouter
un sachet de pectine, laisser cuire trois minutes en remuant. Ajouter 400 grammes de sucre, bien remuer,
attendre la reprise de l'ébullition et cuire à nouveau trois minutes
sans cesser de remuer. Mettre en pots ébouillantés et séchés. Fermer et
laisser les pots retournés sur le couvercle une dizaine de minutes. Ceci
afin de prévenir la formation de moisissures. Confiture exceptionnellement parfumée
et restituant fidèlement le goût du fruit frais, avec un fort pouvoir évocateur
des Tropiques...
Tour de main : La pulpe blanche à jaune pâle s'oxyde
assez vite une fois extraite du fruit et prend alors une teinte
brunâtre qui se renforce à la cuisson. Pour obtenir une confiture de
couleur claire, plus proche de celle de la pulpe naturelle et plus agréable
à l'oeil, il convient de mettre en cuisson avant oxydation prononcée. En
pratique, pour une personne expérimentée, il faut extraire la pulpe
rapidement et mettre immédiatement en cuisson par lots successifs
de 1 kg maximum (photo).
Figues au
four
Enlever le pédoncule des figues et placer celles-ci, en les
serrant, dans un
plat allant au four. Saupoudrer assez largement de sucre et faire cuire
un quart d'heure à four chaud. Servir tiède avec de la crème fraîche.
Figues au
sirop de vin
Verser dans une casserole un demi-litre de vin
rouge de Provence. Ajouter deux cuillerées à café de miel, cent grammes
de sucre en poudre et un bâton de canelle. Faire bouillir vingt minutes.
Ajouter cinq cents grammes de figues épluchées (variété à chair
ferme) et faire pocher
cinq minutes. Egoutter les figues et les disposer sur un plat. Faire
réduire le vin jusqu'à consistance d'un sirop épais et le verser sur les
figues. Servir frais avec de la crème fraîche.
Compote de
figues
Une bonne compote de figues se réussit
en utilisant les fruits ramassés bien mûrs d'une variété très sucrée. Couper
les figues en deux ou en quatre selon leur taille, sans les peler. Si
l'on souhaite une compote plus raffinée, il convient d'enlever avant,
sur la figue entière, deux éléments insipides et qui alourdissent la texture
: Le pédoncule (col) et l'ostiole (trou écaillé à l'opposé du
pédoncule), en coupant au ras du fruit les deux extrémités concernées. Mettre dans une casserole, sans
eau, et porter à ébullition en remuant régulièrement afin que les fruits
n'attachent pas au fond. Cuire quelques minutes jusqu'à obtention de la
consistance désirée. Ceci sans aucun ajout de sucre avant ou après
cuisson. Laisser tiédir puis mettre en boîte. Après refroidissement, congeler. Consommer
après décongélation, frais mais non glacé. Une des meilleures utilisations de cette
compote est d'en disposer une couche épaisse dans
le fond d'une coupelle et de déposer au dessus une boule de glace à la
vanille. L'essai avec une boule de glace à la figue nous a paru non concluant,
l'arôme de la glace étant noyé dans celui, intense, de la compote et
n'apportant pas le léger et subtil contraste de la vanille. Tour de main :
Si la couleur de vos figues
conduit à une couleur brune peu ragoûtante (cas de la 'Grise de la Saint-Jean',
pourtant l'une des meilleures variétés à transformer), partir d'un mélange à
part égale avec des figues à peau violette et chair rouge ('Précoce Ronde
de Bordeaux' ou 'Mouissone' par exemple).
Confiture de
figues
Une
bonne confiture de figues se réussit en utilisant les fruits ramassés bien
mûrs d'une variété très sucrée, 'Grise de la Saint-Jean', 'Marseillaise' ou 'Précoce
Ronde de Bordeaux' par exemple. Cette dernière variété donne une confiture rouge
au parfum très typé qui emporte notre préférence.
Couper
les figues en deux ou en quatre selon leur taille, sans les peler.
Si l'on souhaite une confiture raffinée, il convient d'enlever avant,
sur la figue entière, deux éléments insipides et qui alourdissent la texture
: Le pédoncule (col) et l'ostiole (trou écaillé à l'opposé du
pédoncule), en coupant au ras du fruit les deux extrémités concernées. Mettre dans une casserole, sans
eau, et porter à ébullition en remuant régulièrement afin que les fruits
n'attachent pas au fond. Ajouter de la pectine (un sachet par kilo), laisser cuire trois minutes en remuant. Ajouter 600 grammes de sucre
pour un kilo de fruits, bien remuer,
attendre la reprise de l'ébullition et cuire à nouveau trois minutes
sans cesser de remuer. Mettre en pots ébouillantés et séchés. Fermer et
laisser les pots retournés sur le couvercle une dizaine de minutes. Ceci
afin de prévenir la formation de moisissures. Une variante, pour tartiner plus facilement la confiture,
consiste à passer les figues au mixer après la première ébullition (avant
ajout de la pectine). Intéressant pour certains, mais pour notre part, nous préférons savourer et croquer "à
l'ancienne" des beaux morceaux de figues, même sur les tartines du
petit déjeuner. Conseil : Pour apprécier pleinement
la diversité des saveurs, couleurs et textures des confitures de figues,
ne confectionnez que des confitures monovariétales ; ne jamais mélanger
plusieurs variétés de figues (photo).
Confiture de curé
avec des
figues 'Boule d'Or'
La variété de figue 'Boule
d'Or' (synonyme 'Dauphine', 'Grise de Tarascon'; ne pas confondre avec 'Goutte d'Or' ou 'Figue
d'Or') est la variété française
qui fournit les plus grosses figues-fleurs. Elle vient en seconde position dans la production du terroir de Solliès-Pont
(premier verger français de figuiers). Elle y constitue l'offre de
première saison, la 'Violette de Solliès', qui est la production principale
du terroir, étant une figue de deuxième saison.
Couper les figues en quatre
et récupérer uniquement leur chair, placenta (partie blanche sous la peau)
compris. Pour cela,
tenir le quart de figue dans la paume de la
main, en le coinçant avec le pouce, et râcler avec un couteau au dessus
d'une casserole. La figue 'Boule d'or' ayant une peau épaisse qui se
détache facilement du placenta, lui-même épais, se prête bien à cet exercice.
Agir minutieusement en veillant à ne pas emporter le moindre morceau de peau avec la
chair. Une fois
toutes les figues râclées, malaxer longuement à la main le contenu de la
casserole,
jusqu'à obtention de la consistance la plus fine possible (très liquide). Porter à ébullition,
en remuant régulièrement afin que les fruits
n'attachent pas au fond. Additionner de pectine (un sachet par kilo) et
laisser cuire trois minutes en remuant. Ajouter 700 grammes de sucre
pour un kilo de fruits, bien remuer,
attendre la reprise de l'ébullition et cuire à nouveau trois minutes
sans cesser de remuer. Mettre en pots ébouillantés et séchés. Fermer et
laisser les pots retournés sur le couvercle une dizaine de minutes. Ceci
afin de prévenir la formation de moisissures. Cette confiture est peu parfumée, mais possède une très
belle couleur orange clair qui la place
au premier rang au palmarès de l'effet visuel parmi les confitures que nous avons testées...
Sa texture assez liquide constitue une deuxième originalité, qu'il ne faut
pas essayer de modifier. On peut la servir très fraîche, dans une coupe transparente,
pour dégustation telle quelle. Tour
de main : Pour
obtenir le meilleur résultat, enlever systématiquement tout lambeau de peau, aussi petit
soit-il, qui tomberait dans la casserole en cours de préparation.
Séchage des
figues à l'ancienne
Cueillir les figues dans l'état de maturité
le plus avancé possible. Pour certaines variétés, les figues peuvent être
prélevées en partie séchées sur l'arbre. Disposer les figues sur des claies
soutenues par des piquets à un mètre du sol, dans un endroit très
ensoleillé et bien aéré. Recouvrir de gaze (ou toile moustiquaire ou
tissu équivalent) pour protéger des insectes. Exposer en plein soleil
plusieurs jours, en prenant soin de rentrer les claies le soir et de les
mettre à l'abri dans la journée en cas de pluie. Le nombre de jours d'exposition
dépend du climat local et des conditions de l'année. Une fois les figues bien sèches, les
aplatir en les pressant fortement et les mettre en boîtes fermées. Inutile de saupoudrer de
sucre en poudre, d'intercaler entre les couches de fruits des feuilles de
laurier, de mouiller légèrement avec de l'eau de vie ou d'user de tout
autre stratagème conseillé dans certains ouvrages... Si vous savez choisir et planter les variétés vraiment
propices au séchage des fruits, les figues sèches natures seront le délice attendu.
Nous n'avons jamais expérimenté le très ancien procédé qui consiste
à plonger les figues sèches dans un bain bouillant
d'eau de mer, ou d'eau douce additionnée de sel, pour prévenir les attaques
de vers. Nous recevrons volontiers vos témoignages à ce sujet, en particulier
sur l'altération éventuelle du goût qui pourrait en résulter.
Désintoxiquer
les glands
Quelques espèces ou variétés de chênes, dont la plus connue
est Quercus ilex var. ballota, produisent des glands doux, comestibles sans
transformation. Mais la plupart des espèces de Quercus produisent
des glands amers et toxiques, car chargés de tannins. Ces tannins sont hydrosolubles
et le procédé pour désintoxiquer les glands est de ce fait assez simple.
Faire griller les glands, puis les râper. Mélanger à de l'eau jusqu'à constitution d'une
bouillie très claire. Porter à ébullition, puis laisser décanter. Filtrer
en jetant l'eau de cuisson. Renouveler l'opération jusqu'à l'obtention d'une
pâte solide, non amère.
Utilisation
de la pulpe de cenelles
Cueillir des cenelles bien mûres, fruits
de l'aubépine sauvage indigène en France, qui est représentée par deux espèces
proches : Crataegus monogyna Jacq. et Crataegus laevigata
(Poir.) DC. Ecraser les fruits avec les doigts
dans de la farine en mélangeant bien le tout. Tamiser pour éliminer les noyaux (un ou
plusieurs par fruit, selon l'espèce) car ils sont toxiques; surtout ne pas les mixer ou ne pas les écraser avec un ustensile...
Cette farine enrichie de pulpe revêt une odeur agréable et donne un léger
goût d'amande aux gâteaux que vous confectionnerez.
Griottes au
rhum agricole
Laver, égoutter, équeter et dénoyauter un kilo de
griottes. Mettre dans un bocal; ajouter 350 grammes de sucre candi concassé.
Couvrir avec du rhum agricole brun. Laisser six semaines dans un endroit
frais et sombre, en remuant de temps en temps pour dissoudre le sucre.
Confiture
de fruits de Butia capitata
Butia capitata
(Mart.) Becc. est un palmier que l’on peut observer dans les jardins publics ou privés des
régions de France à climat doux. Les fruits arrivent à maturité fin Septembre, courant Octobre. Ils
sont alors d'une belle couleur orangée et peuvent se consommer crus. Ils sont cependant un peu difficiles
à digérer. Nous en obtenons une confiture onctueuse, plaisante à l'oeil,
au goût acidulé caractéristique.
Rincer les fruits.
Les placer dans une cocotte-minute, ajouter un fond d’eau, fermer la cocotte
et cuire dix minutes environ après rotation de la soupape. Ouvrir la cocotte
et laisser
refroidir. Prélever de petites quantité de fruits, les écraser avec le
plat de la main de facon à séparer les noyaux de la pulpe. Celle-ci est
fibreuse et il faut donc la passer deux fois au moulin à légumes manuel (grille
moyenne, puis grille fine). Opérer par petites quantités en retirant les paquets
de fibres qui se forment. Placer la pulpe obtenue
dans une casserole avec le reste du jus de cuisson et porter à ébullition.
Ajouter
alors de la pectine (proportion : un sachet, soit environ 40 grammes, pour 1,400 kg de pulpe), compter trois minutes
après la reprise de l’ébullition; additionner 500 grammes de sucre pour un kilo
de pulpe, mélanger, attendre
la reprise de l’ébullition et cuire encore trois minutes. Mettre en pots ébouillantés et séchés. Fermer et
laisser les pots retournés sur le couvercle une dizaine de minutes. Ceci
afin de prévenir la formation de moisissures.
Confiture de cormes
Les
cormes (fruits du cormier, Sorbus domestica L.) se consomment blettes à point
(bien molles et entièrement de couleur marron foncé), car leur astringence lorsqu'elles
sont encore dures et de belle teinte jaune-orange, lavée de rouge sur une
face, est la plus redoutable et tenace en bouche de tous les fruits sauvages
que nous ayons pu goûter. Un confrère, spécialiste des fruitiers sauvages
et auteur d'ouvrages et d'articles sur ceux-ci, a l'habitude d'écrire (à
juste titre) que la prunelle, bien connue pour son âpreté, vous apparaîtra
en comparaison comme un bonbon au miel... Il convient donc de n'utiliser
que des fruits blets, en notant que le blettissement s'effectue, comme c'est
le cas pour les nèfles germaniques (fruits de Mespilus germanica
L.),
soit sur l'arbre, soit hors de l'arbre.
Utiliser donc des cormes
bien blettes, les mettre dans une bassine, les recouvrir d'eau, amener à
ébullition et laisser deux minutes. Passer au moulin à légumes, grille moyenne,
pour éliminer pépins et peau. Peser, mettre 700 grammes de sucre
pour un kilo de purée et ajouter quelques cuillerées d'eau si celle-ci est
très épaisse. Cuire vingt minutes. Mettre en pots ébouillantés et séchés. Fermer et
laisser les pots retournés sur le couvercle une dizaine de minutes. Ceci
afin de prévenir la formation de moisissures.
La confiture de cormes
est particulièrement onctueuse et présente le caractère remarquable
de restituer très fidèlement le goût du fruit cru. Ceci est très apprécié
par les amateurs de ce fruit qui le considèrent d'une saveur exceptionnellement
agréable.
Gelée d'arbouses
Les
arbouses sont les fruits de l'arbousier (Arbutus unedo L.), fruitier sauvage
méditerranéen, toutefois acclimatable en certaines autres régions. Ne pas
confondre avec les argouses, fruit de l'argousier (Hippophae rhamnoides
L.),
fruitier sauvage de climat tempéré, beaucoup plus rustique.
Mettre
les arbouses dans une marmite (sans les laver, sauf celles cueillies sur
les branches basses qui seraient terreuses), couvrir d’eau et porter
à ébullition. Garder l’eau frémissante pendant 15 minutes ; l’eau
devient rose. Arrêter de chauffer et retirer délicatement les fruits
pour éviter de troubler le jus translucide. Ajouter du sucre à raison de
700 grammes pour 1 litre. Porter à ébullition en surveillant et en tournant
avec une cuillère en bois. Au bout d’une vingtaine de minutes, le jus s’épaissit,
la couleur rose s’assombrit un peu. Placer alors régulièrement quelques
gouttes du mélange dans une soucoupe pour guetter la ride qui vous indiquera que
la gelée rose commence à prendre. Le moment de mettre en pots est arrivé...
Pâte
de fruits d'arbouses
Pour faire de la pâte de fruits, procéder
comme pour la gelée, mais laisser réduire en tournant régulièrement jusqu’à
obtenir une pâte visqueuse qui fait de grosses bulles. Verser des couches
d’un bon centimètre dans des récipients plats rectangulaires recouverts
de papier aluminium. Laisser refroidir, puis découper en cubes. Rouler les
morceaux dans du sucre cristallisé. A déguster tels quels.
Crème d'arbouses
Mettre
les arbouses dans une marmite, couvrir d’eau et porter à ébullition. Garder
l’eau frémissante pendant 15 minutes. Arrêter de chauffer, couvrir la marmite
et laisser les fruits dans l’eau chaude pendant 2 heures ; ils se gorgent
d’eau et deviennent oranges. Retirer alors délicatement les fruits avec
l’écumoire, les déposer dans un chinois et les écraser avec le dos
d’une louche afin d’éliminer les petits grains. Ajouter du sucre au jus
orange épais obtenu, à raison de 700 grammes pour 1 litre. Porter
à ébullition ; le mélange s’épaissit ; au bout de 20 minutes, le mettre
en pots même s’il est encore liquide (c’est excellent avec les yaourts
ou pour napper une glace au nougat accompagnée de quelques kumquats confits).
Confiture
d'arbouses
Procéder comme pour la crème et laisser
cuire un peu plus longtemps pour obtenir une confiture crémeuse orange plus
consistante.
Marmelade
de nèfles
Le Musée du Sabot, qui se situe
au sein du dynamique village de La Haye-de-Routot,
dans l'Eure, a eu la gentillesse de nous communiquer les recettes de marmelade,
pâte, gelée et confiture de nèfles.
Nous parlons ici des nèfles germaniques, fruits de Mespilus germanica
L., à ne pas confondre avec les nèfles du Japon, fruits de Eriobotrya
japonica (Thunb.) Lindl.
Elles se consomment blettes, à l'état cru, se conservent également
crues
sous
forme de pulpe congelée, mais
on peut aussi les transformer.
Quel est le lien entre la nèfle et le Musée du
Sabot ? Logé dans une chaumière du 17ème siècle, ce petit musée comporte plusieurs
pièces, dont l’une contient une vaste cheminée. Avec ses meubles et ustensiles, cette pièce est le “théâtre” d’évocations de la vie quotidienne
du début du 20ème siècle : Fabrication du beurre en baratte de verre, cuisine “à l’âtre”,
soupe et mets à base d’ortie et / ou de plantes sauvages, cuisine du sureau
et de la nèfle… Ces animations ont pour but de mettre les visiteurs, pour la plupart citadins,
dans une ambiance véritablement rurale.
Voici la recette de la marmelade
de nèfles.
Lavez vos nèfles blettes à point,
laissez-les égoutter. Ne les pelez pas, ne les dénoyautez pas, vous y passeriez
le reste de votre vie! Mettez-les dans une casserole à fond épais, avec un
verre d’eau, sur feu doux. Laissez compoter 20 à 25 minutes,jusqu’à ce que les
fruits se défassent complètement. N'ajoutez pas
de sucre. Prenez un saladier (verre ou terre, mais pas métal) sur lequel
vous
poserez une passoire fine, en maille de plastique (le métal oxyderait la pulpe).
A
l’aide d’une louche, versez dans la passoire un peu du contenu de la casserole.
Avec
une cuillère de bois, chassez la pulpe à travers les mailles de la passoire.
Continuez jusqu’à épuisement du contenu de la casserole. Lorsqu’elle est froide, mettez
votre marmelade en sachets congélation. Vous pourrez la sucrer ultérieurement
pour garnir une tarte, ou l’utiliser telle quelle pour rendre onctueuse et
goûteuse une sauce pour magret ou gibier.
Seconde utilisation
Mettez de
côté, dans un autre saladier, peaux et noyaux, qui contiennent encore beaucoup
de pulpe. Remettez dans la casserole, ajoutez de l’eau et du sucre (raisonnablement),
refaites
bouillir quelques minutes et repassez dans la passoire. Vous obtenez une
marmelade sucrée. C’est une bonne base pour faire de la confiture ou de la
gelée,
ou pour garnir une tarte …
Pâte de nèfles
Votre marmelade de nèfles va vous
être utile : Utilisez la quantité de votre choix, ajoutez le
même
poids de sucre. Faites cuire à feu assez vif, en tournant continuellement
avec une cuillère en bois, jusqu’à ce que la marmelade se détache bien du
fond de la casserole et soit devenue très épaisse. Versez sur une plaque (ou
un marbre) saupoudrée de sucre cristallisé. Laissez sécher, coupez en carrés,
roulez chaque morceau dans le sucre cristallisé, et conservez dans des contenants
fermant hermétiquement.
Confiture de nèfles
Faites cuire des nèfles
blettes à point
dans un peu d’eau. Lorsqu’elles sont bien tendres, passez-les en passoire
fine, en maille de plastique (comme pour la marmelade, pour éviter l'oxydation), pesez la pulpe
obtenue,
ajoutez autant de sucre, cuisez à feu doux 15 à 20 minutes. Mettez en pots.
Gelée
de nèfles
Avec des fruits bien blets. Laver les fruits sans les éplucher,
les mettre dans une casserole, couvrir d’eau et faire bouillir sans remuer
durant 30 minutes. Passer au tamis plastique (pas en métal, pour éviter
l'oxydation) au-dessus d’une terrine, sans trop
presser, et laisser égoutter quelques heures. Remettre le jus dans la bassine
à confiture, avec son poids de sucre. Faire cuire à feu vif en remuant de temps en temps. Après 30 minutes
d’ébullition, ôter du feu et mettre en pots. Couvrir d’un linge propre (contre
les insectes) et fermer le lendemain.
Huile
de marmotte
On confectionnait jadis, avec les amandes du noyau
lisse des jolis petits fruits ronds jaunes du prunier de Briançon (Prunus
brigantiaca Vill. ; synonyme Prunus brigantina Vill.), une
huile connue dans le pays sous le nom d'huile de marmotte. Cette huile abondante
et d'un goût suave, selon Couvercel, est parfaitement comestible. Elle se
vendait deux fois plus cher que l'huile d'olive, d'après Mouillefert. Un
peu amère, on la mélangait parfois à l'huile d'amandes amères ou à l'huile
d'olive. Le prunier de Briançon est dénommé aussi prunier des Alpes, car
on le rencontre entre 1200 et 1700 mètres d'altitude, dans les montagnes
arides des Hautes-Alpes et du Piémont, dans le bassin supérieur de la Durance,
du Pô et de leurs affluents. Sur le versant français, il avait pour
nom local Abrignon ou Marmottier.