FRUITIERS SAUVAGES et ORNEMENTALES A FRUITS COMESTIBLES
Araucaria
araucana
Un spécimen âgé de trente
ans, et mesurant cinq mètres de haut, prospère dans la région de Hambourg
(Allemagne) où il a supporté sans dommages les hivers rigoureux de 1981,
1984, 1985, 1986, 1995 et 1996. Son record de rusticité fut atteint en Janvier
1978, lorsque, haut d'un mètre seulement, il subit une température de -20°C
qui l'éprouva, lui occasionnant un brunissement intense des aiguilles, mais ne lui fut pas fatale. Il faut préciser toutefois qu'il
avait beaucoup neigé et que son propriétaire en profita pour le recouvrir
totalement de neige, celle-ci jouant le rôle protecteur vis à vis du
froid qu'on lui connaît.
Yucca aloifolia
En Janvier 2004, au jardin botanique Tropicaland,
à Viry, en Haute-Savoie, un sujet âgé d'une dizaine d'années, ayant un stipe de un mètre,
a résisté sans dommages à -15°C par temps de neige.
Gardenia jasminoides
...
Un sujet en
pleine terre depuis six ans dans la région de Toulon a supporté,
sans protection et avec vent, des pointes de froid en fin de nuit de
-7°C, sans aucun dommage. Il a fleuri (peu) mais n'a pas fructifié. Au cours
de la vague de froid exceptionnelle de la fin d'hiver 2005,
la température a chuté à -10°C à deux reprises, espacées
d'une semaine, en fin de nuit, de façon brève. Le sujet a subi
une défoliation complète et a perdu
(en totalité ou en partie) de nombreux rameaux. Toutefois, il
a refait des feuilles au milieu du printemps sur les rameaux
(ou portions de ceux-ci) qui n'ont pas gelé. Il n'a pas
fleuri, mais présentait en fin d'été une allure très saine (une
fois le bois sec coupé...).
...
En Ile-de-France, à 20 km à l'est de Paris, un sujet
âgé de 25 ans, de1,5 m de haut et 2 m de diamètre, prospère en pleine terre et
fleurit abondamment
chaque année. Il est en situation protégée (entouré de
bâtiments) et a supporté malgré quelques dégâts les hivers rigoureux de
1985 et 1986.
Cornus
capitata
... Au cours de l'hiver 2004/2005, à Cotignac, dans le
Haut Var, 200 m d'altitude, un Cornus capitata (sempervirens à
fruits ornementaux et comestibles, réputé de moyenne rusticité), âgé de cinq
ans et haut de deux mètres, a subi quatre nuits
consécutives avec températures à -9°C. Puis, le 1er et
le 2 Mars 2005, il a enduré des chutes de température exceptionnelles
à -12°C.
Après chacun de ces épisodes, aucun dégât, et surtout aucune perte de feuilles, n'ont été
constatés sur cet arbuste, d'allure très saine. Il est placé
dans un endroit du jardin abrité des vents froids dominants,
mais n'a bénéficié d'aucune protection artificielle. Observations
effectuées pour tous les jours concernés : Températures
négatives de 18h la veille à 10 h le matin,
puis variant ensuite de 6°C à 10°C dans la journée.
... Pour les non praticiens de
cette espèce, nous pouvons aussi préciser qu'en climat méditerranéen
à été très sec, comme c'est le cas dans le Var, le Cornus
capitata présente en été une allure moins saine, en raison du
manque d'humidité de l'air qui provoque un déssèchement
partiel des feuilles ; il doit en outre faire l'objet
d'arrosages suivis car il peut, si le sol est trop sec, perdre
une grande partie de son feuillage. Cette précision, recoupée
par plusieurs observateurs différents, est valable pour
des individus en exposition plein soleil, retenue pour
un maximum de fructification. Nous n'avons pas, pour l'instant,
d'observations de comportement estival en exposition à l'ombre,
ni d'expérience sur l'éventuelle incidence sur la fructification
d'une telle exposition.
Aristotelia
chilensis
Le Maqui (Aristotelia chilensis) est
un fruitier sauvage (baies comestibles) originaire du Chili.
Souvent considéré comme
très gélif, il s'avère plus rustique dans les faits. Un spécimen
a été installé il y a une dizaine d'années au jardin botanique
de Strasbourg, dans un endroit abrité des vents du Nord. Durant
l'hiver, sa base est protégée sur 50 cm de hauteur avec des
feuilles mortes. Néanmoins, quand les températures atteignent
les -8° à -10°C, il est rabattu au niveau du sol. Mais il rejette
vigoureusement de souche et fructifie presque tous les ans.
Fuchsia
procumbens
Dans
la littérature et sur Internet, cette espèce est donnée comme
peu rustique (seuil de rusticité de l'ordre de -5°C).
Ce n'est pas ce que je constate dans le département des Vosges, en région de plaine, où
les hivers sont assez rudes. Un
plant de Fuchsia procumbens résiste depuis cinq ans en pleine terre
dans un endroit
soumis aux vents dominants, avec seulement quelques feuilles pour le protéger l'hiver. Il
jouxte le tronc d'un
arbre d'un diamètre de 20 cm, mais celui-ci se situe à côté de lui par rapport
aux vents dominants et non devant. Chaque année, ce pied repousse de la souche et
émet rapidement de grandes pousses robustes, qui atteignent plus de 30 cm de longueur
et fleurissent dès le mois de
Juillet. Il a même résisté à la vague de froid exceptionnelle de l'hiver 2005,
qui a fait descendre la température à -23°C pendant toute une nuit,
fin Février... Il a fleuri (peu) dans les mois qui suivirent, sans fructifier.
La
floraison et la fructification ne sont pas très abondantes après les
hivers rudes, mais il arrive certaines années aux hivers
plus doux (si on peut les nommer ainsi...) qu'il se couvre de fruits.
Rhus
lancea
...
Un exemplaire de ce grand sempervirens au très beau feuillage
fin, dense et vert bleuté, originaire d'Afrique du Sud, prospère
en
pleine terre depuis 11 ans dans la région de Toulon. Haut de 3,5 m
et large de 4 m, il a supporté,
sans protection et avec vent, des pointes de froid en fin de nuit de
-7°C, sans aucun dommage. Il fleurit régulièrement, mais n'a pas fructifié,
sans doute en raison d'une dioécie de l'espèce, non encore vérifiée.
...
Au cours
de la vague de froid exceptionnelle de la fin d'hiver 2005,
la température a chuté à -9°C à deux reprises, espacées
d'une semaine, en fin de nuit, de façon brève. Le sujet n'a
subi aucun dégât et a conservé intacte sa beauté des jours
d'été...
Fruits
de Passiflora
caerulea
Cette
passiflore à fleurs bleues est la plus commune en France
et produit des fruits de couleur orange dont
la pulpe rouge est comestible, mais sans valeur gustative pour la plupart des personnes.
Elle se situe au deuxième rang dans l'échelle de résistance
au froid, parmi les espèces de passiflores que l'on
peut cultiver en France ; la
première étant Passiflora incarnata, espèce herbacée originaire
d'Amérique du Nord qui produit des fruits verts à la pulpe blanche
plus consistante et assez savoureuse.
... Mont de Marsan,
fin Novembre 2006. Après quatre gels nocturnes consécutifs de -4°C à -2°C,
en faisant un tour au jardin, j'ai constaté la présence de
quelques derniers fruits mûrs de Passiflora caerulea. Ils n'avaient pas subi de
dégâts ; la pulpe de celui que j'ai consommé était douçâtre et peu goûteuse,
donc normale pour le fruit de cette espèce. Le lendemain matin, gel de -6°C. Dans l'après-midi
(température +6°C), je suis allé revoir ma passiflore ; il restait deux fruits
sur la plante. L'un,
de couleur orange, donc mûr, avait gelé au niveau de l'enveloppe ;
par contre la pulpe n'avait pas souffert et demeurait consommable. Le
deuxième, de couleur vert/orange, donc non complètement mûr, n'avait subi aucun dégât,
ni au niveau de l'enveloppe, ni au niveau de la pulpe.
...
Dans
la nuit du 15 au 16 Novembre 2007, les fruits encore présents, tous mûrs, du même pied de Passiflora caerulea ont subi un gel de -8°C, avec dégel dans la journée. Je
les ai récoltés le 16 Novembre, dans l'après-midi. Constat : L'enveloppe est molle et fripée
(photo 1) ; la pulpe,
non altérée, reste tout à fait
consommable (photo 2).
Morus
macroura
Morus
macroura est un mûrier qui produit des fruits pouvant dépasser 10
cm de long. Selon les clones, généralement nommés de façon
indifférenciée 'Pakistan', les fruits sont violets ou blancs
et sont plus ou moins longs.
La rusticité de l'espèce prête à confusion, peut-être d'ailleurs
en raison de cet amalgame dans le nom des variétés. Certains
auteurs la classe comme résistante en zone USDA 8, d'autres
en zone USDA 6... Mais nous
n'avons jamais trouvé dans la littérature spécialisée de comptes
rendus de culture avec des
températures précises. Nous livrons
l'observation la plus extrême qui nous ait été rapportée jusqu'à
présent : En Haute-Savoie, près de la frontière suisse,
un spécimen âgé de trois ans de la variété 'Pakistan
Red' a résisté au long hiver
2005-2006, en supportant des températures atteignant -14°C,
non protégé et en plein
vent.
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Rubrique records
de rusticité