FRUCTIFICATION
Comment reconnaître
un grenadier à fruits?
Il existe deux types de grenadiers : Ceux
qui produisent des fruits et ceux, stériles à tout jamais, qui n'en produisent
pas et qui sont communément appelés grenadiers "à fleurs". Ces
variétés stériles ont une floraison abondante, plus spectaculaire que celle
des grenadiers fruitiers sauf exceptions très florifères parmi ces derniers.
Pour déterminer si une variété est fruitière, en l'absence de fruits bien
entendu, il faut observer attentivement la plante et vérifier si elle
est épineuse. Les variétés "à fleurs" sont inermes. Cette méthode
empirique n'est pas sûre à 100%, car il existe de rares exceptions. Nous
fournirons prochainement la méthode de détermination botanique basée sur
l'observation de la fleur.
La présence
de fleurs doubles ou de couleur autre que rouge n'est pas une indication
de variétés "à fleurs". Je cultive des grenadiers fruitiers
à fleurs rouges doubles et à fleurs simples jaune pâle. Leurs fruits sont
toutefois acides.
Faire
fructifier abondamment Akebia quinata
L'ornementale à fruits comestibles
Akebia quinata, sous sa variété-type à fleurs mauves, fructifie peu
ou pas du tout sous le climat français. Pour la faire fructifier abondamment,
il faut planter à côté d'elle son pollinisateur, qui est la très rare variété
à fleurs blanches (Akebia quinata var. alba) importée des Etats-Unis.
Cette variété pollinisatrice est monoïque et fructifie elle aussi.
Mise à fruits
d'Opuntia ficus-indica
Le figuier de Barbarie commence à produire
des fruits vers quatre ans et atteint la pleine production vers dix
ans. Pour avancer la mise à fruits, au lieu de planter une raquette, planter
une tige assez ligneuse présentant déjà quatre à cinq raquettes.
Obtenir
la fructification du bananier japonais (Musa basjoo)
Chez
cette espèce très rustique, dans les meilleures conditions de croissance,
les inflorescences apparaissent après trois ou quatre ans de culture, une
fois que la plante a produit une trentaine de feuilles. Les fruits sont
de toutes petites bananes, comestibles mais remplies de graines.
Mais
pour faire fructifier Musa basjoo, il faut connaître la particularité suivante
: Les inflorescences sont de grands épis retombant porteurs de verticilles
de fleurs unisexuées qui ne s'épanouissent pas en même temps, ce qui empêche
la plante de s'auto-féconder. Les fleurs femelles s'épanouissent en premier,
à la base de l'inflorescence et les fleurs mâles plus tard, au bout de la
même inflorescence.
Pour favoriser
la fructification de Musa basjoo,
il faut donc planter, à proximité l'une de l'autre, deux de ses variétés qui
s'interpollinisent, choisies pour l'épanouissement synchrone
de leurs fleurs de sexe opposé respectives. On choisira par exemple Musa basjoo var.
Fuji-Yama et Musa basjoo var. Sakhalin.
La touche
de la figue
Pour avancer de sept à dix jours la maturité d'une figue,
et donc augmenter la précocité de la première cueillette, il suffit de déposer
une goutte d'huile d'olive dans l'ostiole du fruit (à l'aide d'une fine
burette, d'une paille ou d'une plume). Opérer hors soleil, donc le soir
ou par temps sombre, des chutes de fruits par arrêt de développement ayant
été observées dans le cas contraire. Effectuer la touche lorsque le fruit a
atteint sa grosseur de récolte et
commence juste à changer de teinte vers la maturité.
Polliniser
le pistachier (Pistacia vera), espèce dioïque
Le choix
du mâle pour la pollinisation de Pistacia vera est très important,
car, chez cette espèce, les mâles fleurissent généralement avant
les femelles. Il faut donc s'assurer de planter une variété mâle dont
la floraison est suffisamment en recouvrement avec celle de
la variété femelle que l'on veut cultiver. Dans le cas où l'on
possède un mâle mauvais pollinisateur et si l'on a de la difficulté
à trouver un mâle plus synchrone avec la femelle, on peut tenter
la pollinisation par un sujet mâle de pistachier térébinthe
(Pistacia terebinthus). Son pollen féconde en effet les Pistacia
vera femelles. On placera ce pied mâle en avant du pistachier
femelle par rapport au vent dominant, les espèces de Pistacia
étant anémophiles.
L'utilisation d'un
pied de Pistacia
terebinthus pour
la pollinisation peut également permettre de s'affranchir
de planter un Pistacia vera mâle. On peut aussi, dans le
même but, greffer une branche mâle de Pistacia vera sur l'individu
femelle. Mais il faut alors composer avec une vigueur plus
forte chez les mâles que chez les femelles pour l'espèce. Cette différence de vigueur, indifféremment de la variété, est
très connue des planteurs de pistachiers et se trouve souvent à l'origine
d'un déséquilibre de végétation lorsque l'on greffe un rameau mâle sur un
sujet femelle. Une taille adéquate s'impose alors.
Chute
prématurée de fruits de Diospyros kaki
Si vous
constatez une chute prématurée de fruits sur votre Diospyros kaki,
vous pouvez essayer de l'arrêter par le procédé suivant : Videz deux arrosoirs
de sulfate de fer au pied de l'arbre en vous écartant progressivement du
tronc. Bien mouiller le pied de l'arbre et sa périphérie
sur deux mètres de rayon. Plus l'arbre est gros, plus il convient d'élargir la
zone traitée. Ne renouvelez pas le traitement si vous n'obtenez pas de résultat
positif, car si ce procédé fonctionne dans le cas de votre arbre, l'arrêt
de la chute de fruits est immédiat.
Faire
fructifier le cornouiller mâle (Cornus mas)
Cet attachant
fruitier sauvage se révèle peu (ou pas) fructifère lorsqu'on l'introduit
chez soi. En fait, pour fructifier, il lui faut une inter-pollinisation
qui s'obtient en plantant un deuxième exemplaire à proximité.
Si l'on veut une fructification vraiment abondante, il
convient de planter au moins un groupe de trois. Les amateurs
de diversité pourront alors planter un individu de l'espèce-type
(généralement issu de semis ; fruits rouges), un cultivar à
fruits jaunes et un cultivar à très gros fruits (rouges). Ce
dernier issu des sélections d'Europe de l'Est et si
possible plus tardif que l'espèce-type, pour allonger la durée
de la période de jouissance de la fructification.
Faire
fructifier le caroubier (Ceratonia siliqua) sur un seul pied : Méthode
1
Ce
fruitier sauvage, dont la pulpe des gousses est comestible,
est réputée dioïque dans l'espèce-type, ce qui sous-entend qu'il
faut posséder un couple pour obtenir des gousses sur l'individu
femelle par pollinisation par l'individu mâle. En fait la sexualité
du caroubier est bien plus compliquée, et si on en connaît les
différentes variantes et que l'on choisit bien le sujet
que l'on plante, on peut obtenir une fructification avec un
seul individu. Il existe en effet des variétés de caroubier
polygames, c'est à dire que la plante porte à la fois des fleurs
unisexuées et des fleurs hermaphrodites. Pour le caroubier,
on a observé que les variétés polygames se présentent sous
les deux formes de polygamie possibles, mais que la proportion
de fleurs unisexuées est plus importante dans une forme que
dans l'autre : Soit le pied unique porte une minorité
de fleurs mâles et une majorité de fleurs hermaphrodites, soit
il porte une majorité de fleurs femelles et une minorité
de fleurs hermaphrodites (Il est intéressant de noter que c'est
à ce dernier groupe qu'appartient la variété 'Sfax', indûment
nommée 'hermaphrodite à longues siliques de Sfax' par certains
auteurs, car elle est polygame). On rencontre également, mais
de façon plus rare, des variétés de caroubier hermaphrodites
pures (qui ne portent donc pas de fleurs unisexuées), telle
la variété 'Islay'.
Pour faire fructifier un seul pied de caroubier,
il faut donc planter soit une des deux formes polygames, soit une
des rares variétés hermaphrodites. La multiplication par voie
végétative est obligatoire pour conserver la
stabilité du caractère sexuel de la variété, le semis donnant
des résultats aléatoires. Parmi les modes de reproduction végétative
(bouturage, marcottage, greffage, multiplication in vitro),
le greffage sur un pied de caroubier (quel que soit son sexe)
d'une variété polygame ou hermaphrodite s'avère le
moyen le plus pratique. Il faut noter que la reproduction végétative présente
également l'avantage de conserver les caractéristiques intéressantes
de certains cultivars auto-fertiles (polygames ou hermaphrodites)
: Rusticité supérieure à l'espèce-type, plus grande productivité ou
meilleure qualité du fruit (taille, quantité de pulpe, valeur
gustative de celle-ci).
Ceci dit, en France et dans la
majorité des autres pays, presque personne n'est
intéressé par la comestibilité directe du fruit du caroubier, voire
même par la fructification de la plante, et pratiquement aucun
pépiniériste ne connait les variantes de la sexualité
du caroubier. L'espèce est classée dioïque et la multiplication
par semis aboutit à la vente de plants non sexés et non sélectionnés
pour des qualités particulières. Le planteur de fruitiers rares
souhaitant se procurer un cultivar auto-fertile possédant de
plus des fruits de qualité pour la consommation humaine (et
qui serait en outre, pourquoi pas, plus rustique que l'espèce-type) se
doit de connaître les rares filières étrangères qui lui
permettront d'atteindre (ou d'essayer d'atteindre) ses objectifs...
Faire
fructifier le caroubier (Ceratonia siliqua) sur un seul pied : Méthode
2
Si l'on ne dispose pas de variétés polygames
ou hermaphrodites, et que l'on ne souhaite pas les chercher
car très difficiles à trouver, on peut utiliser une autre méthode,
rapide et particulièrement adaptée pour planter de jeunes
sujets pouvant fructifier sur un seul pied. Il s'agit
de greffer sur un sujet de Ceratonia siliqua (de sexe indifférent,
qu'il soit indéterminé ou connu) deux variétés unisexuées :
Mâle et femelle. Compte tenu qu'au sein de l'espèce
Ceratonia siliqua, les variétés mâles sont nettement plus vigoureuses
que les variétés femelles, il convient de contenir la variété
mâle greffée par une taille annuelle énergique. L'objectif est
de restreindre la partie mâle à quelques rameaux de longueur
maximale de 1 m, maintenus toujours couverts et ombrés par
les rameaux de la partie femelle greffée. Cette dernière constitue
en fait la quasi-totalité de l'arbre obtenu. Cela ne nuit pas
à une bonne fructification car les rameaux mâles du caroubier
produisent des fleurs nombreuses et au pollen abondant. Il faut noter que cette
méthode présente
également l'avantage de conserver les caractéristiques intéressantes
de certains cultivars femelles
: Rusticité supérieure à l'espèce-type, plus grande productivité ou
meilleure qualité du fruit (taille, quantité de pulpe, valeur
gustative de celle-ci).
Age
de fructification de Jubaea
chilensis
Jubaea chilensis, l'un des palmiers
acclimatables à fruits comestibles, est peu planté car il a
la réputation de ne fleurir, et donc de ne fructifier,
que vers l'âge de 60 ans... Pour encourager nos (jeunes?)
planteurs méditerranéens, ainsi que ceux des autres régions
de France à climat doux, à lui donner quand même sa chance,
nous fournissons deux témoignages de mises à fruits
moins longues. A la Villa Thuret (désormais station botanique
INRA), au Cap d'Antibes, dans les Alpes Maritimes, le premier sujet
fut planté en 1858, 4 ans après le semis. La floraison,
suivie d'une fructification, eut lieu en 1894 (une première
en France). L'arbre avait donc 40 ans. A lattes, près de
Montpellier, douze exemplaires furent plantés, 5 ans après le
semis, en 1864, au sein de la pépinière Teule, Gay
et Sahut. La première floraison fut constatée sur l'un des palmiers en
1904. Il avait donc 45 ans. La totalité des sujets fructifia
à partir de 1910. Les arbres avaient alors 51 ans.
Variabilité
du fruit
de Butia capitata
Parmi les palmiers acclimatables
à fruits comestibles, Butia capitata figure dans les premiers
pour
la qualité de ses fruits. Mais si l'on veut planter cette
espèce pour ses fruits, il faut avoir à l'esprit qu'il existe
une grande variabilité des fruits d'un sujet à l'autre. La pulpe orangée peut être assez douce ou bien nettement
acide
et de saveur plus ou moins agréable, selon les hasards du semis. Pour les plus avertis
des consommateurs de fruits de Butia capitata, la taille
du fruit et l'épaisseur
de la pulpe sont également à prendre en compte. La variété
pulposa produit des fruits de 4 cm de diamètre et d'un
poids de 25 grammes, contre moins de 2,5 cm de diamètre et moins
de 10 grammes pour les formes courantes (Voir photo). Outre
la taille du fruit, l'épaisseur
de la pulpe dépend de la forme du fruit, de la grosseur du noyau ainsi que de la forme
de ce dernier, rond ou ovoïde, ensemble de facteurs variables et se combinant
différemment d'un arbre à un autre (Voir photo). Le planteur de
fruitiers rares s'attachera donc à n'acheter qu'un sujet assez
âgé pour que ses fruits puissent être vus et goûtés avant l'achat (au début de l'automne). Pour partir d'un
sujet jeune, il faudrait demander une reproduction in vitro
d'un spécimen fructifiant ayant été sélectionné pour la qualité
de ses fruits. Compte tenu de la culture dominante (pour ne
pas dire écrasante) qui n'attribue aux palmiers acclimatables
qu'un rôle ornemental, aussi bien chez les palmiéristes que
chez les palmiphiles les plus passionnés, une telle demande
me paraît pour l'instant du domaine de l'utopie sociale (alors
qu'elle est techniquement réalisable). Si vous connaissez quelqu'un
qui a déjà transformé, ou qui peut transformer, cette utopie en réalité, je serais heureux
de recevoir ses coordonnées.
Attention
aux confusions d'étiquetage entre des gros sujets de Butia capitata
et de Butia yatay (et comment les détecter...).
Depuis
quelques années des importations massives de gros sujets de Butia yatay
en provenance d'Argentine et d'Uruguay pour décorer les villes du littoral méditerranéen
donnent lieu à des erreurs d'étiquetage dans certaines pépinières ou jardineries
qui ne sont pas sans conséquence. Ainsi, il m'est arrivé de voir étiqueté
"Butia capitata" un gros sujet en container dont le prix
était très élevé, alors qu'il s'agissait d'un Butia yatay. Impossible
de distinguer la différence entre les deux espèces selon la morphologie
de la plante à ce stade. Quelle importance? Tout d'abord, même si l'aspect décoratif
des deux espèces se valent, à plein développement la taille de Butia
yatay est beaucoup plus élevée que celle de Butia capitata et
le rendu en paysagisme est donc différent. Mais surtout, c'est la
qualité du fruit qui rend la confusion désastreuse : Le goût du fruit de
Butia capitata est de saveur plus ou moins acidulée mais jamais désagréable,
celui du Butia yatay, bien que ni acide ni astringent, revêt une
saveur franchement désagréable qui ôte immédiatement l'envie d'en consommer
un second. De plus le rapport pulpe/noyau est de la moitié à deux
tiers plus favorable pour les fruits de Butia capitata. Enfin le
fruit de Butia yatay est beaucoup plus fibreux que celui de Butia
capitata. Alors imaginez la mauvaise surprise de la personne qui débourse
une somme importante pour un gros sujet de Butia capitata
afin de posséder un palmier à fruits agréables immédiatement en âge de fructification
régulière et abondante et qui s'aperçoit, une fois celui-ci planté, que
les fruits produits sont immangeables, bien que comestibles... Comment faire
pour éviter d'être victime de ce type d'erreur? La réponse est simple :
N'achetez que des sujets qui portent des fruits et vérifiez que ceux-ci
sont bien du type Butia capitata et non du type Butia yatay. C'est
ce qui m'a permis de détecter immédiatement l'erreur d'étiquetage sur le
gros sujet mentionné en début de texte.... Pour pouvoir observer les fruits,
même s'ils sont non mûrs dans certains cas, la période d'achat doit
se situer courant Septembre ou Octobre, en France métropolitaine.
Voici les formes les plus courantes du fruit de Butia capitata :
(photo 1 et photo2) et une forme de couleur rouge, plus rare (photo
3). Par contre, vous êtes en présence d'un Butia yatay si vous observez
des fruits non mûrs de la forme figurant sur la photo 4, des fruits en
cours de maturation
du type de ceux de la photo 5 ou
des fruits mûrs présentés en photo 6.
Les photo 7,
photo 8 et
photo 9 fournissent des
détails sur les fruits mûrs de Butia yatay.
Conseil supplémentaire pour les consommateurs de fruits de Butia
capitata : Préférez la forme de fruit présentée à droite sur la photo
1 (fruit plat orangé) ou en photo 2 (fruit conique arrondi orangé)
aux deux autres formes (presque ronde à ovoïde et orangée,
ou plate et rouge).
Comment
s'assurer de l'intérêt d'un palmier acclimatable pour la consommation de ses
fruits
Pour déterminer l'intérêt de planter une espèce ou
une variété de palmier acclimatable dans sa région et aux fruits comestibles,
il faut prendre en compte le
critère du goût
du fruit, qui est essentiel, mais également tenir compte de paramètres
plus complexes pour éviter d'acquérir un individu décevant. En effet,
on sait, par expérience, que le goût peut
être
variable d'un individu à l'autre pour la même espèce et que, pour certaines espèces,
le goût dépend du type de fruit, ce dernier étant caractérisé par la forme
du fruit. Pour ces espèces, la forme du fruit est variable selon les
individus, mais sur un individu donné, tous les fruits sont du même type.
De plus, le nombre de formes de fruit par espèce (incluant les variétés) n'est
jamais élevé.
Afin d'effectuer un choix sûr, et de savoir
s'il faut obligatoirement goûter les fruits du palmier que l'on souhaite
acheter, il convient donc de déterminer, parmi les 8 possibilités suivantes, de quelle catégorie
relève l'espèce
du
palmier concerné :
1. Fruit de forme variable et de goût variable,
mais toujours mauvais
2. Fruit de forme variable et de goût variable,
mais toujours bon
3. Fruit de forme variable et de goût unique et
mauvais
4. Fruit de forme variable et de goût unique et
bon
5. Fruit de forme unique et de goût variable, mais
toujours mauvais
6. Fruit de forme unique et de goût variable, mais
toujours bon
7. Fruit de forme unique et de goût unique et
mauvais
8. Fruit de forme unique et de goût unique et
bon
Méthode
de taille pour augmenter significativement la fructification du
Kiwi (Actinidia chinensis)
Je cultive
plusieurs pieds de kiwis (Actinidia deliciosa, anciennement Actinidia chinensis)
depuis 1962...
Je taille mes kiwis l'été seulement et à trois reprises, car la production est
alors bien supérieure. Il faut couper
les pousses de l'été à deux feuilles au-delà du dernier fruit, et les pousses sans
fruits à trois feuilles. Des essais comparés m'ont montré que l'on pouvait
ainsi passer d'une production de 10 kg avec taille d'hiver à plus de 40 kg (l'année suivante, bien sûr)
avec ma taille d'été. J'ai noté également que cette pratique
induit des fruits de meilleure qualité pour
l'année en cours.
Variabilité
du fruit de Ugni molinae
Cette Myrtacée originaire du Chili, anciennement appelée Myrtus
ugni (ugni étant son nom indien), était désignée par certains
sous le nom de Myrte comestible, alors que tous les Myrtes produisent
des fruits comestibles crus. En effet, ses fruits sont doux
et aromatiques, contrairement à ceux de Myrtus communis et de
ses sous-espèces, variétés, formes et cultivars, qui ont un
goût résineux et poivré. D'après certains auteurs, la reine
Victoria l'aurait même déclarée sa confiture préférée...
Mais Ugni molinae n'a pas fait l'objet de sélection pour la fructification. Et
s'il est vrai que tous les fruits de cette espèce que j'ai pu
goûter dans ma longue carrière de planteur se sont révélés
agréables au palais, j'ai
noté, au fil des années et en testant plusieurs sujets d'origine différente, la
nette variabilité du fruit. Celle-ci porte sur l'abondance de la fructification, la
taille des
fruits et la saveur de ceux-ci, selon les hasards du semis du
fournisseur. Ce hasard procède soit du pied-mère qui a été obtenu de
semis, même si la multiplication de masse s'effectue ensuite
par voie végétative, soit de la multiplication en pépinière qui
s'effectue de graines. Je possédais cinq plants d'origine différente en
cours d'observation, parmi lesquels un clone remarquable, que j'avais noté 9/10 contre 6 à 7/10 pour les autres clones,
pour l'ensemble des qualités de la fructification (abondance
en fruits nettement supérieure, fruits presque deux fois plus
gros et saveur plus marquée : Un délice). Je m'apprêtais à
le multiplier par bouturage, lorsque la vague de froid de Février et Mars 2005
a eu raison de lui, ainsi que de trois autres clones. Seul un plant noté 7/10 a
repris sans vigueur.
Je n'ai pas pu retrouver la pépinière italienne
dont était issu le meilleur clone, la très célèbre jardinerie du littoral
varois, vitrine d'une des plus importantes pépinières françaises, chez
qui j'avais acheté le plant et qui avait importé le lot d'Italie,
n'ayant pas voulu faire l'effort de rechercher pour moi
le fournisseur dans les archives de ses commandes... Ceci bien que j'ai indiqué
avec précision l'année d'achat de mon plant, en formulant sur
place, de vive voix, une demande aimable, argumentée et
désintéressée, mais vraisemblablement trop naïve... Car peut-on
se montrer humaniste, voire simplement altruiste, en étant
prioritairement mercantile? J'ai donc recommencé à introduire d'autres clones
pour les tester...
Faire
fructifier abondamment Passiflora incarnata
J'ai eu cette année une bonne récolte de fruits de
Passiflora incarnata (70 fruits pour mes deux pieds,
sans pollinisation manuelle). Pour une bonne fructification,
cette espèce requiert une interpollinisation entre formes différentes.
Celle-ci s'obtient en plantant à trois mètres l'un de l'autre deux pieds de
sujets issus d'un même semis (qui n'assure pas la stabilité de la forme) ou provenant
de boutures ou rejets prélevés sur
deux plantes différentes.... Si vous avez peu de place, vous pouvez d'ailleurs
planter deux ou plusieurs pieds différents dans le même trou, puisque la plante
forme de toute façon une touffe une fois établie.