PLANTATION ET CULTURE

     
     

    Ordre de grandeur relatif des volumes des espèces d'Actinidia
    Lorsque l'on a la pratique de l'espèce d'Actinidia la plus courante (Actinidia deliciosa, anciennement chinensis, le plus souvent dans sa variété 'Hayward') et que l'on veut essayer d'autres espèces, il est bon d'avoir à l'esprit des ordres de grandeur relatifs de volume. Si l'on considère le volume adulte de l'espèce précitée comme base 100, on peut retenir, pour choisir le lieu de plantation ou déterminer les espaces séparatifs, pour Actinidia arguta : 80%, pour Actinidia melanandra et Actinidia polygama : 60%, pour Actinidia kolomikta : 30%.

    Actinidia polygama : Attention aux chats
    J'avais lu dans une revue spécialisée que les chats sont très sensibles à l'odeur de certaines espèces d'Actinidia, qui les rend comme fous et les incite à s'acharner sur la plante avec frénésie. Je puis confirmer désormais que c'est vrai. J'ai retrouvé un jeune plant d'Actinidia polygama rabattu au sol en une bouillie lacérée parsemée de poils ne laissant pas de doute sur l'auteur de la destruction. J'ai donc pris la précaution de protéger tous mes plants d'Actinidia polygama et d'Actinidia kolomikta (qui provoquerait le même comportement) d'un grillage à mailles soudées de 1 mètre de haut, disposé en rond autour du tronc à cinquante centimètres de celui-ci et maintenu par des piquets d'acier plastifié. Pour des raisons eshétiques, je projette d'enlever cette protection lorsque les plantes auront atteint leur taille adulte et disposeront d'un tronc solide.

    Favoriser l'acclimatation des espèces de Cactées non gélives mais craignant l'eau
    Pour acclimater les espèces de Cactées (dont celles à fruits comestibles, particulièrement les oponces) non gélives mais craignant l'eau au niveau des racines (pourrissement des souches), on peut utiliser la faculté que possèdent la plupart des espèces de Cupressus de  dessécher le sol sur un rayon de 2 à 3m. Si l'on place les plantes dans une rocaille plein sud (en pente si possible) au pied de vieux Cyprès, la survie est garantie.
    Le dessèchement de la terre à la périphérie des Cyprès est  peut-être dû au "pompage" efficace de l'eau au niveau des racines (évapotranspiration) ; ou bien s'agit-il plus simplement d'un effet naturel de "parapluie"?
    Il est souhaitable d'empierrer le sol afin de favoriser le drainage et le ressuyage, et il est avantageux de créer une bute orientée au sud pour favoriser l'écoulement naturel lors d'orages éventuels.
    On peut également disperser sur le sol de la pouzzolane ou du gravier afin d'augmenter l'inertie thermique (réchauffement des collets des plantes sensibles au pourrissement).
    Je n'ai pas observé d'entrave à la fructification, bien que l'on soupçonne un effet déprimant au niveau des végétaux croissant au voisinage de Gymnospermes sensu lato, syndrome probablement dû à l'excrétion de substances télétoxiques (?). D'après ma propre expérience, j'ai maintes fois constaté un effet incontestablement inhibiteur (végétation et reproduction) au voisinage de Pinacées (dont le Pin d'Alep), mais aucun effet déprimant au voisinage de Cupressacées (Tetraclinis, Juniperus etc.)
    Toutefois, il ne faut pas oublier de supprimer les branches les plus basses du Cyprès afin de favoriser l'ensoleillement direct .
    Je pense en outre que pour les plantes qui se trouvent au dessous de certaines branches, s'ajoute aussi "l'effet canopée", qui réduit la température nocturne par blocage des rayonnements de chaleur terrestre et contribue à l'augmentation de rusticité, indépendamment de la problèmatique de pourrissement du collet...
    La ramure dense des Cyprès devrait aussi empêcher le gel de s'abattre sur le sol au petit matin... Pour vérifier cela, il serait judicieux de placer un thermomètre-hygromètre à mémoire sous un Cyprès (adulte) et comparer les résultats quelques mètres au delà...
    Mais d'ores et déjà, il est aisé de s'apercevoir que sous un Cyprès, l'ambiance est constamment plus sèche (même en automne) : Les plantes qui poussent naturellement sous sa ramure sont des plantes réputées végéter dans des terrains secs et chauds (plantes thermophiles), telles que : Asparagus acutifolius, Smilax aspera, Cistus albidus, Brachypodium retusum etc.

    Ne pas s'inquiéter pour Opuntia humifusa
    Opuntia humifusa est une petite oponce très rustique (-20°C), au port rampant, avec des raquettes d'une dizaine de centimètres et des petits fruits comestibles. Ne pas s'inquiéter pour elle l'hiver : Rétractée et brunâtre, elle semble morte, mais elle reprend forme à la belle saison.

    Cloque du pêcher
    Achetez en magasin de bricolage ou chez un marchand de matériaux trois morceaux de canalisation de chauffage central en cuivre, de 50 cm de long. Placez les autour de l'arbre à protéger de la cloque (pêcher, nectarinier, brugnognier, pavie, persèque) en les enfonçant de 40cm, ce qui laisse 10 cm hors de terre. Ce dispositif, qui préviendrait efficacement contre la cloque de façon écologique, a été rapporté d'une source digne de foi par un membre de la confrérie, mais nous ne l'avons pas encore testé. Nous le mettons donc au conditionnel et sommes volontiers preneur de votre expérience sur le sujet.

    Erreur de taille du grenadier
    La fructification chez le grenadier a lieu sur une bourse à l'extrémité d'une coursonne. C'est le vieux bois qui produit les fruits sur les branches exposées en dehors de la charpente (les branches du dedans sont ordinairement sans fruits). La taille courte du grenadier lui est donc contraire; en taillant court, surtout le bois vieux, on supprime la récolte pour deux ou trois ans au moins.

    Protéger du froid le câprier (Capparis spinosa)
    Le câprier est connu pour la consommation qui est faite, sous le nom de "câpres", de ses boutons floraux confits dans du vinaigre salé. Mais on sait moins que cette plante produit des fruits comestibles appelés "câprons", si on laisse s'épanouir ses boutons floraux... Le câprier est assez sensible au froid. Pour l'aider à supporter l'hiver, il suffit de butter le pied en fin d'automne après avoir coupé tous les rameaux. Avec cette précaution, on peut tenter sa culture en région parisienne. Au printemps, quand les gelées ne sont plus à craindre, on remet le pied à découvert et de nouvelles tiges portant les boutons floraux se développent vigoureusement.

    Taille du figuier bifère
    Les variétés bifères de figuier produisent deux récoltes par an : L'une, dite de "figues-fleurs", en début d'été et l'autre en automne (figues dites "d'automne"). L'erreur de taille à ne pas commettre pour ce type de figuier est de couper, en cours d'hiver, les rameaux de l'année précédente. Ceux-ci portent en effet les figues-fleurs à l'état de bourgeons arrondis et toute coupe équivaut à une suppression de plusieurs figues-fleurs. Il en va différemment pour les figues d'automne qui apparaissent au niveau de l'aisselle des feuilles sur les rameaux de l'année. Ceci précisé, il faut bien tailler un figuier trop encombrant. Mais mieux vaut connaître les conséquences de ce que l'on fait, notamment si l'on avait l'idée de tailler un sujet jeune dont on espère goûter les figues-fleurs.  
    Toutefois, si
    l'on souhaite conserver une partie de la récolte de figues-fleurs, la pratique la plus courante est de tailler, une première année, seulement la moitié des branches à supprimer, puis de tailler, l'année suivante, l'autre moitié. Mais cela peut s'avérer inesthétique si l'on procède par découpage de l'arbre en deux portions symétriques par exemple. Une technique plus sophistiquée, mais qui requiert d'être plus aguerri, est de tailler la moitié des branches à supprimer en les sélectionnant une à une sur l'arbre pour lui laisser une forme de meilleure esthétique et de se baser en outre pour la sélection sur la présence ou non de boutons de figues-fleurs (de forme arrondie) sur les rameaux nus (c'est plus facile à voir en fin d'hiver). On peut ainsi supprimer en priorité les rameaux n'en portant pas et qui ne vont donc pas fructifier. Pour ceux portant des boutons de figues-fleurs, il convient de tenir compte du nombre de boutons présents sur chacun des rameaux pour couper de préférence ceux qui en portent le moins.
    Deux conseils, valables également dans le cas des figuiers unifères :
     ... Il convient de mastiquer soigneusement les plaies de taille, aussi minimes qu'elles soient, l'espèce étant sensible à l'introduction de parasites via des plaies ouvertes, car cicatrisant avec difficulté.
    ... Le  meilleur moment pour effectuer des tailles de branches de très gros diamètre est la première décade de Mars, juste avant la montée de sève qui va aider la cicatrisation des plaies. Il en est d'ailleurs de même pour la transplantation de gros sujets.

    Transformer en touffe un figuier conduit en tronc unique (technique 1)
    Couper le tronc au ras du sol. Il s'ensuit le départ de plusieurs tiges. Un certain délai (pousse et taille de formation) est nécessaire pour reconstituer une touffe du volume et de la régularité des charpentières de l'arbre initial, si celui-ci a été bien conduit sur tronc. Ceci est d'autant plus vrai que le sujet est plus âgé, même si le volume du système racinaire accroît alors la vigueur de la repousse, tout en restant sans effet sur la régularité souhaitable. On peut opérer sans déterrer le figuier si la touffe doit remplacer le tronc unique au même endroit. On peut aussi, une fois le tronc coupé, transplanter le plant rabattu vers un nouvel endroit (motte ou racines nues).

    Transformer en touffe un figuier conduit en tronc unique (technique 2)
    Cette technique sauvegarde le tronc. Déterrer le sujet (en motte ou à racines nues) et le replanter, sur place ou à un autre endroit, en l'inclinant de façon que le tronc fasse un angle égal ou inférieur à 45° avec le sol. Retailler ou supprimer les charpentières qui empêchent d'atteindre cet angle à tronc couché. Si l'inclinaison est suffisante (angle inférieur à 45° conseillé) une tige va pousser, au début du tronc, en oblique et à l'opposé du tronc. Ceci donne une harmonie de port initial en deux tiges en "V". Une plantation du tronc selon une orientation en sens contraire à la position dominante du soleil pendant la journée facilite l'émission de la repousse en sens opposé du tronc. Indépendamment de la naissance de la tige précitée, des rejets plus ou moins verticaux naissent au collet et seront supprimés ou conservés et taillés, selon la forme et le volume souhaités pour la touffe.

    Augmenter la résistance au froid du figuier en terrain difficile
    J'habite dans une vallée au pied des Cévennes, sur un terrain en grande partie argileux et damé pendant des années par des chevaux, puis des engins de terrassement. Après avoir fait construire, j'ai constaté pendant 5 ans que les figuiers que je plantais (soit achetés en pots, soit à partir de boutures) poussaient bien pendant la période végétative, mais que, dès -2°C, les pousses dépérissaient, disparaissaient en surface et repartaient du pied au printemps suivant. J'ai persévéré, essayé de comprendre, car là où je me trouve, il existe des figuiers sauvages un peu partout. Mais j'ai observé que ce n'était pas dans n'importe quelles conditions. J'ai noté qu'ils se situaient sur des terrains légèrement ou franchement en pente, souvent au pied de roches, avec une terre drainante. Ayant lu que l'on pouvait gagner 10°C de résistance au froid en plantant dans une terre drainante, j'ai décidé de tenter l'expérience. Depuis deux ans, je plante dans des grands trous (à défaut de sous-soler mon terrain) remplis d'une terre amendée par beaucoup de sable et d'humus. J'ai constaté que les pousses des individus plantés de cette façon ont résisté aux -11°C de début Mars de cette année. Par contre, les anciennes plantations ont été à nouveau rabattues au sol et j'ai pu déterminer que c'était dû à un mauvais aoûtement des pousses.

    Réponses à vos interrogations sur le figuier
    Pour toute autre question que vous pourriez vous poser sur le figuier, nous livrons une astuce particulière : Consultez la rubrique questions/réponses du site des pépinières Baud.
    Pierre Baud, le spécialiste français du figuier, y fournit les réponses aux questions les plus fréquentes.
    De plus, le site propose (dans le menu général) deux rubriques conçues pour vous aider : "Choix d'une variété" et "Conseils de culture".
    Du vécu, du concret, du sérieux, donc des résultats...

    Conseils de plantation et de culture pour le Feijoa (Acca sellowiana)
    Rappel : Le nom latin actuel du feijoa est Acca sellowiana et non Feijoa sellowiana.
    Quelques conseils :
    ... Plantation en exposition plein soleil, à l'abri des vents dominants (bois très cassant et meilleure résistance au froid).
    ... Trou rempli moitié terre/ moitié terreau de jardinerie (pas d'engrais).
    ... Conduite en buisson (port naturel du feijoa) préférable à la conduite en demi-tige pour l'abondance des récoltes.
    ... Tuteurage indispensable si région ventée, dès la plantation des petits buissons.
    ... Arrosage suivi en période sèche tant que la plante n'est pas établie, puis espacé de une à trois semaines selon l'âge du sujet, ceux âgés s'arrosant moins. Un arrosage plus fréquent quand les fruits ont commencé à se développer augmente la taille de ceux-ci.
    ... Taille légère annuelle pour l'esthétique, à votre goût, après la fructification ou en fin d'hiver ; le feijoa fructifiant sur les rameaux de l'année qui poussent au printemps, la fructification n'est pas entravée par cette taille ; elle en est même favorisée.
    ... Aucun traitement phytosanitaire, sauf prévention par sticks jaunes (et non verts, réservés à l'olivier) de marque Adolive (que l'on trouve dans certaines jardineries et coopératives agricoles) si région sujette à Ceratitis capitata (mouche méditerranéenne du fruit).
    ... Deux plants de variétés différentes l'une de l'autre requis pour une fructification assurée (interpollinisation), sauf si cultivar autofertile.
    ... Espacement optimum pour obtenir de très grosses récoltes au bout de douze à quinze ans : 6 m. Sinon, distance quelconque selon l'espace dont vous disposez (vous pouvez même planter les deux variétés dans un seul trou) et taille en rapport pour contenir les buissons dans l'espace que vous leur avez alloué
    ... Si vous n'avez qu'une variété à acheter, choissez 'Coolidge', qui est autofertile mais dont la production de fruits sera accrue si vous avez déjà un feijoa de semis ou s'il est accompagné d'un autre cultivar (interpollinisation) ; nous déconseillons la variété 'Unique', également autofertile.
    ... Si vous souhaitez planter deux variétés sélectionnées, optez pour 'Triumph' en deuxième variété si vous avez le choix, sinon 'Mammouth', 'Gemini, 'Appolo'...

    Ne pas s'inquiéter pour la perte de feuilles par le Feijoa (Acca sellowiana)
    Certains s'inquiètent sur la perte de feuilles assez abondante qui peut apparaître, notamment sur les parties basses, et le plus souvent en fin d'hiver, sur des sujets d'Acca sellowiana. Ils s'interrogent sur les effets des apports d'eau. Or, le feijoa n'a pas besoin de goutte à goutte, ni de paillage ; un arrosage abondant une fois par semaine en période sèche lui suffit amplement. L'apport d'engrais est également inutile.
    La perte des feuilles s'expliquent par trois raisons :
     
    ... Si l'individu est jeune et que des pointes de froid inférieures à -7°C se sont manifestées en cours d'hiver, un jaunissement du feuillage et une perte assez importante de feuilles peut être constatée. Pourtant le feijoa adulte est très rustique (cf rubrique "Records de rusticité " du site). 
    ... Bien que sempervirens, le feijoa  présente une tendance naturelle à un certain taux de renouvellement de feuilles annuel, plus ou moins accentué selon les années. Des feuilles sèchent et tombent en fin d'hiver et de nouvelles feuilles sont apportées par les rameaux qui poussent au printemps (assez tardivement) sur les parties dénudées.   
    ... Si les sujets sont conduits en buisson, la lignification des branches démarrant du sol, qui vont devenir des troncs (avec malgré tout la possibilité d'émettre des rameaux fructifères le long de ces troncs) engendre un dénuement de feuilles. Ce phénomène peut être aussi constaté sur les charpentières qui vont se dénuder dans leur partie inférieure.
    Dans tous les cas, la repousse, y compris à l'intérieur du buisson, de rameaux porteurs de feuilles ainsi que la densité de la ramure et du feuillage (ne pas éclaircir trop le feijoa) compensent ces phénomènes et la touffe prend un bel aspect au bout de quelques années. Si l'on veut atténuer l'aspect dégarni ligneux des troncs, il suffit de ne pas couper les rameaux retombant en périphérie, qui peuvent, à terme, toucher le sol et cacher entièrement les troncs. Je ne le conseille pas, car cela rend la récolte, qui s'effectue toujours au sol, par ramassage des fruits tombés, difficile, voire pénible sur des sujets adultes.
     Il convient, selon votre goût et par l'observation au cours des années, de réaliser le compromis entre esthétique et facilité de récolte qui vous convient, pour déterminer à quelle hauteur vous coupez les rameaux retombant naturellement en périphérie de l'arbre.

    Favoriser l'acclimatation des bananiers vivriers (Musa species) et autres fruitiers exotiques
    En 2004, en Corse, j’ai acheté un bananier vivrier originaire de la Martinique chez un pépiniériste local (il n’a pas pu me préciser de quelles espèce et variété de Musa il s’agissait ). Je l’ai planté dans une serre non chauffée et, pour l'hiver, je l’ai enveloppé dans un film plastique bulle. Si les feuilles qui dépassaient ont gelé, le stipe est resté sain et le bananier a bien repris au printemps 2005, malgré une température nocturne qui était descendue jusqu'à  -5°C dans la serre.
    Pendant la belle saison 2005, le bananier a atteint 2.50 m de hauteur tout en produisant trois
    rejets. Comme ses feuilles entraient en contact avec le film plastique du toit de la serre et se trouvaient brûlées, j’ai eu l'idée de creuser un trou de 1 m x 1 m et de 1 m de profondeur (soit 1 mètre cube), dont j’ai consolidé les parois avec des planches, et d’y planter un des rejets. Ainsi je gagnais, pour le futur, 1 m de hauteur par rapport au toit de la serre.
    Lors de l’hiver 2005/2006, la température est descendue à nouveau jusqu'à -5°C dans la serre. Le rejet, qui avait déjà atteint la hauteur du trou au début de l'hiver, soit un mètre, est resté parfaitement sain, dans le trou, sans aucune protection, alors que les autres bananiers, avec une protection sous film plastique bulle, étaient dans le même état que l’année précédente au sortir de l'hiver.
    Durant
     l’année 2006 le premier bananier a fleuri, mais l’ensemble des feuilles étant brûlées au contact du haut de la serre, les fruits sont restés petits et ont séché. Le rejet, quant à lui, a atteint plus de 3 m et devrait fructifier en 2007. Pour le moment, j'ai décidé de le laisser sans protection...
    En réfléchissant au comportement du rejet de bananier dans son trou, je suis persuadé qu’en plantant des fruitiers exotiques sensibles aux gelées dans des tranchées en plein air, la chaleur restituée par la terre diminuerait fortement l'effet de gelée, surtout si la tranchée est recouverte d’un film la nuit, permettant de gagner 5 à 6°C.
    En Corse, dans le piémont de Balagne ou la température au sol ne descend rarement qu’à -6°C, cette méthode devrait permettre bien des expériences de plantation...
    Je suis conforté dans mon idée par diverses réflexions complémentaires :
    ... Je me souviens que durant mon enfance en Alsace, j’ai observé que les serres vitrées des fleuristes étaient toujours enterrées et que les plantes, dans ces abris, résistaient jusqu’à -15°C,
    ... Les anciens, en faisant des "puits provençaux" pour chauffer la maison en hiver ou la rafraîchir en été
      utilisaient déjà le même principe,
    ... La conduite des agrumes en tranchées pratiquée jadis en URSS, qui va faire l'objet d'une publication sur le site de la confrérie et que je suis en train d'étudier, a été une réussite.
    J’en ferai l’expérience l’hiver prochain et vous en tiendrai informés. 

    Démarrage en culture du plaqueminier du Japon (Diospyros kaki)
    Diospyros kaki est une espèce assez capricieuse au démarrage. Deux éléments à retenir : La sensibilité à la sècheresse et la probabilité de mise à fruits longue et irrégulière.
    1. Le danger principal que court un scion planté en terroir sec est la mort par sècheresse, si l'on est pas vigilant. Il demande un arrosage très suivi tant qu'il n'est pas bien établi. Ceci explique la perte des feuilles sur des jeunes sujets insuffisamment arrosés. En outre, le scion produit beaucoup de bois sec. Parfois des charpentières assez grosses sèchent. Dans certains cas, toutes les charpentières de deux ou trois ans peuvent sécher...
    Tout cela ne doit pas vous inquiéter :
    ... Arroser le abondamment (tous les deux jours) en période sèche, tant que l'arbre n'est pas établi. Ensuite, selon la nature de votre sol, un arrosage par semaine, voire tous les 10 à 15 jours, suffit.
    ... Au début du printemps, lorsque la pousse des feuilles permet de le repérer, coupez (ou faites tomber par un coup de doigt ferme s'il s'agit de petits rameaux) tout le bois sec. Faites le même avant, si vous repérez du bois sec hors période de foliaison.
    ... La plante reproduit heureusement facilement de nouveaux rameaux, même si la sécheresse lui a fait perdre tout son branchage. Des charpentières séchées peuvent ainsi être facilement reconstituées par sélection de rameaux bien placés.
    ... Si une partie du tronc sèche, il suffit qu'il reste une portion saine au dessus du point de greffe pour reconstituer un tronc par reprise d'un seul rameau conservé et redressé en flèche le long d'un tuteur, après avoir coupé la partie sèche. Une fois la nouvelle flèche lignifiée, il convient de la couper à la hauteur de tronc souhaitée.
    2. La mise à fruits, ainsi que la fructification régulière, sont très longues à se déclencher pour beaucoup de variétés.
    ...  Pour certaines d'entre-elles, pendant les 8 premières années, la floraison peut être nulle ou ne s'effectuer que certaines années. En outre, dans le cas de floraison, celle-ci peut être suivie de la chute de tout ou partie des fruits lorsqu'ils sont verts et de petite taille.
    ... Vous pouvez réduire le temps d'atteinte de la fructification régulière, si vous faites un apport annuel de fumier décomposé en début de printemps (un sac de 70 litres que vous pouvez acheter en coopérative ou jardinerie) au pied de votre arbre, en mélangeant avec la terre préalablement binée et en faisant attention à ne pas blesser, au cours de l'opération, les racines de l'arbre. 
    ... Une fois l'arbre fructifiant régulièrement, l'apport de fumier n'est plus obligatoire. On peut l'effectuer tous les trois ans toutefois, si l'on veut augmenter le volume des fruits ou si l'arbre se montre chétif.
    Important : Ces observations et conseils ne sont valables que pour un arbre greffé avec une variété sélectionnée. Si  vous avez obtenu votre arbre de semis, des facteurs génétiques peuvent être à l'origine des phénomènes que vous constaterez et  je vous suggère de le remplacer par un arbre greffé.

    Regénération des vieux sujets de plaqueminier du Japon (Diospyros kaki)
    Ne pas hésiter à rabattre sévèrement de vieux sujets en difficulté pour les régénérer. Les vieux arbres presque entièrement secs repercent facilement des charpentières, et même du tronc, après des tailles sévères de rajeunissement. Il en est de même pour les arbres rabattus de façon importante avant transplantation, d'ailleurs assez délicate (prendre toujours une motte). Cette technique permet soit de rétablir l'arbre, soit de pouvoir prélever des rameaux de l'année qui ont repercé pour les utiliser comme greffons de multiplication de la variété.

    Obtention de greffons sur des sujets de plaqueminier du Japon (Diospyros kaki) à sauvegarder
    La recherche de greffons sur un Diospyros kaki âgé et souffreteux dont on souhaite sauvegarder la variété doit s'effectuer au sommet de celui-ci. C'est la zone où l'on a le plus de chance de trouver des greffons, même si, à vue d'oeil, aucun rameau de l'année ne parait prélevable, surtout si l'arbre est volumineux. Bien sûr, le recours à l'échelle ou à l'agilité d'un jeune homme sportif est souvent requise. Mais attention, en raison de la fragilité du bois de l'espèce et à la présence de nombreuses branches qui peuvent être sèches sans en avoir l'air, nous déconseillons formellement de grimper sur des sujets très hauts. Il vaut mieux alors obtenir le repercement de greffons comme indiqué supra.

    Revigorer un pistachier (Pistacia vera L.) planté en sol acide.
    Voici le secret de confection d'un badigeon basique qui a nettoyé et redonné vigueur à un pistachier planté en sol acide (pH 6), qui languissait sous les lichens.
    ... 1 part d'argile (ou terre argileuse) à prélever dans votre jardin si possible.
    ... 1 part de chaux aérienne éteinte. Je rappelle que cette chaux, dite aussi chaux grasse, est issue de la calcination de roches calcaires pratiquement pures (mesuré par l'indice de Vicat). L'ancienne appellation est C.A.E.B (chaux aérienne éteinte pour le bâtiment et la nouvelle C.L (calcic lime). Selon les régions, on trouve des marques différentes comme Batidol, Baltazar... A défaut vous pouvez utiliser de la chaux hydraulique (mais naturelle uniquement), toutefois le mélange sera moins onctueux.
    ... 1 part de de litothame ou maërl, algues calcaires riches en oligo-éléments.
    ...  un peu de savon noir pour l'accroche.
    Il faut appliquer grassement cette mixture sur le tronc et les branches (en hiver évidemment), ou même la pulvériser (après filtration), de façon à ce que l'arbre en soit totalement recouvert. Vous allez obtenir une sculpture végétale qui ne manquera pas de déclencher la curiosité des voisins (et pourquoi? et comment...?). Sous l'action des éléments, l'enduit va progressivement se déliter en s'intégrant au sol, en laissant un végétal revigoré, débarrassé des parasites, mousses, lichens et au feuillage sain. Voir photo 1 et photo 2. A utiliser sans modération également sur d'autres espèces appréciant le calcaire (amandier, azérolier, caroubier, figuier...).

    Acidifier localement un sol calcaire au niveau de la plantation des agrumes semi-rustiques ou rustiques
    Les agrumes semi-rustiques, tel Citrus unshiu (le Satsuma ou mandarinier japonais) ou rustiques (tel Citrus ichangensis) perdent une grande partie de leur rusticité s'ils ne sont pas greffés sur Poncirus trifoliata. Or ce dernier est sensible à la chlorose ferrique en sol calcaire. Il convient donc :
    ... De pratiquer un trou de plantation carré de 1m  x 1m sur 0,80 m de profondeur, en le remplissant d'un mélange de 2/3 de terre de bruyère (sacs de 60 l ou plus en coopératives ou jardineries) et un tiers de terre locale.
    ... De tracer à la binette un carré encadrant le trou de 1m sur tout côté, ce qui donne un carré de 3m x 3m, soit 9 m2, de biner celui-ci pour le désherber et d'y épandre uniformément 1 kilo de fleur de soufre, avant ratissage et arrosage doux mais abondant.
    On peut pratiquer de la même manière pour tous les fruitiers rares calcifuges et restant d'une taille comparable à celles d'agrumes régulièrement taillés.

              

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