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L'auteur s'est longuement interrogé avant de planter un figuier de Barbarie en terre lourde, réputée très défavorable aux Cactées. Après quelques années de culture, il livre son témoignage afin que les planteurs rencontrant la même interrogation aient un début de réponse.
Il y a quelques années, retournant dans le Var après une longue période d'exil bien plus au Nord pour raisons professionnelles, j'ai été pris d'une frénésie de plantation de fruitiers méditerranéens typiques de ma région d'origine, dont j'avais été privé si longtemps.
Après le figuier, le jujubier et le néflier du Japon, je songeais à "plus exotique encore" en envisageant de planter un figuier de Barbarie. J'adore ses fruits que je déguste à la petite cuillère, coupés en deux dans le sens de la longueur, après les avoir arrosés d'un filet de Porto (et tout en les maintenant fermement plaqués contre l'assiette avec une fourchette : Résultat sans épines garanti).
Mais un problème me tracassait. Ma terre est lourde (argilo-calcaire) et mon terrain désespérément plat.
Or je savais bien que les Cactées, famille à laquelle appartient le figuier de Barbarie, ont besoin d'un terrain léger, sableux de préférence, très bien drainé.
Tous les ouvrages botaniques, tous les catalogues de pépinières vous le précisent. Les plus spécialisés rendent même obligatoires de savants mélanges, au sujet desquels je me suis toujours demandé où on pouvait bien trouver les ingrédients.
Pas question pour moi de construire une butte-rocaille qui me rappellerait des régions plus septentrionales. Mon figuier de Barbarie devait démarrer de ce sol plat et uniforme, comme un jujubier.
Après avoir parcouru de nombreux ouvrages tous aussi décourageants les uns que les autres, je fus sauvé par un retour à une question simple : Qu'est-ce que je risque? Voir pourrir ou ne pas se développer une raquette mise en terre?
Je me raccrochais en outre à l'idée que l'eau ne stagne pas sur mon terrain en hiver et que terre lourde ne veut pas dire marécage.
Je pris la décision de planter une raquette donnée par un ami, en creusant un large trou rempli de terre fine et de sable à part égale (pas de compost). Je me demandais d'ailleurs si cette technique n'allait pas provoquer un "effet container", aboutissant en cas de forte pluie à une cuvette remplie d'eau bien contenue par la terre lourde délimitant mon trou de plantation et dans laquelle ma pauvre raquette serait vouée à un pourrissement inéluctable.
Le temps a passé. Ma raquette a survécu, s'est multipliée et s'est transformée en une plante encourageante, sans engrais ni soins particuliers.
Aujourd'hui âgé de neuf ans, le figuier de Barbarie forme une touffe d'une cinquantaine de raquettes. Il mesure 1,40 mètre de haut et 2 mètres de large. Sa production a commencé à l'âge de six ans et cette année il a fourni quarante fruits de bon calibre et de belle qualité.
Les fruits supportent -6°C sans altération et certains d'entre-eux sont encore sur la plante à la mi-Mars.
Conclusion : Vous pouvez planter un figuier de Barbarie en terre lourde! Voir photo.
Questions : La même plante en terrain léger et sec aurait quelle taille aujourd'hui? Quelle serait sa production? A quel âge aurait-elle commencé à donner des fruits? N'ai-je pas eu la chance de me situer juste au dessous du seuil d'humidité maximum tolérable par cette oponce en hiver?
C'est sur vous que je compte pour y répondre, par vos témoignages éventuellement accompagnés de photos...
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