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Les auteurs, respectivement présidente et directeur de l'association Les Jardins de l'Espérance, ont recherché et retrouvé le pistachier peint par Cézanne, au cours du recensement des vieux pistachiers de Provence mené depuis plusieurs années par cette association. L'article présente ce pistachier célèbre, ainsi que son histoire, et nous apprend que des greffons ont été prélevés pour deux destinations que nous vous laissons découvrir...
Célèbre?, voire… Qui parmi nous connaît ce tableau de Paul Cézanne, peint à Aix en Provence vers 1900 et actuellement à l’Art Institute de Chicago (photo n°1) ?
Dans le cadre de l’étude que nous poursuivons depuis quelques années sur les vieux pistachiers de Provence, nous avons voulu savoir si l’arbre qui a servi de modèle au peintre existait encore et, après une courte recherche bibliographique, nous l’avons bien retrouvé, dans la cour du Château Noir, propriété privée proche du Tholonet, habitée par le peintre entre 1898 et 1906.
Aucun mérite de notre part, l’arbre est bien identifié et les actuels propriétaires du Château Noir, Monsieur et Madame Tessier, ont eu la gentillesse de nous en autoriser l’accès et nous permettre de le photographier. Nous avons eu, de plus, la permission de reproduire une photographie d’époque, non datée, vraisemblablement du tout début du siècle dernier (photo n° 2).
L’arbre, une femelle, est encore en assez bon état de nos jours (photo n° 3), bien que certaines branches maîtresses aient disparu et que d’autres soient soutenues par des épontilles. Il a gardé la forme évasée qu’on lui voit sur le cliché très abîmé de 1900.
L’histoire de l’arbre a pu être reconstituée grâce aux documents en possession des actuels propriétaires : ramené de Constantinople en 1834 et planté dans la cour du Château Noir, il a, vers 1850, servi à greffer avec succès de nombreux térébinthes de la propriété dont plusieurs sont encore en vie, plus ou moins étouffés dans la broussaille.
La greffe sur térébinthe était alors mal connue en France comme en témoigne une correspondance d’époque, conservée par les propriétaires.
L’arbre peint vers 1900 par Cézanne devait donc avoir à l’époque une cinquantaine d’années, ce qui lui donne un bon siècle et demi d’existence qu’il semble porter gaillardement. On ignore cependant si l’aïeul avait aussi apporté un pied mâle où si la fécondation était assurée, comme actuellement, par les térébinthes.
Nous avons reçu de Mr et Mme Tessier l’aimable autorisation de prélever plusieurs greffons que nous avons implantés sur térébinthe sur notre conservatoire des pistachiers de Provence à La Ciotat. Nous avons ainsi maintenant un «petit Cézanne» qui, nous l’espérons, portera ses premiers fruits en 2004 (photo n°4).
Pour la petite histoire, ajoutons qu’un autre clone, greffé par Maurice Chaudière est, lui, parti pour Paris où il voisinera, au Jardin des Plantes, avec le non moins célèbre pistachier (mâle celui là), encore plus ancien puisque planté vers 1700, et sur lequel Sébastien Vaillant découvrit la sexualité des végétaux en 1716.
Nous souhaitons aux futurs époux bon vent fécondant et beaucoup de petites pistaches.
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