Les jujubiers du jardin botanique de Strasbourg
Auteur : Frédéric Tournay

 

 

Le pays des Lotophages, les mangeurs de lotos, fruit du jujubier (Ziziphus jujuba), fut cité pour la première fois par Homère (Odyssée, chant XI). Par la suite, Hérodote, Scylax, Polybe le mentionnèrent également. S'appuyant vraisemblablement sur la carte d'Hécatée de Milet, Hérodote (Melpomène 178) localisa le pays des Lotophages dans la région côtière qui s'étend entre les villes actuelles de Gabès (Tunisie) et Tripoli (Lybie), en face de l'île de Djerba. L'auteur nous permet de l'étendre désormais jusqu'à l'Alsace en nous faisant part de la parfaite acclimatation et de la fructification régulière de jujubiers au jardin botanique de Strasbourg, dont il est le conservateur.

 

 

Depuis une trentaine d'années, nous cultivons avec succès une forme sauvage de Jujubier au jardin botanique de l'Université de Strasbourg.

Les semences de l'arbuste nous ont été envoyées par le jardin botanique de Taskent (Ouzbékistan) sous le nom de Ziziphus jujuba var. spinosus.

Le plus fort des deux sujets issus du semis a été planté en 1976, face au sud, au pied d'un bâtiment. Il pousse depuis lors sans aucune protection hivernale particulière et mesure aujourd'hui près de 3 m de hauteur. L'arbuste a résisté à des températures inférieures à -15°C.

Ce Ziziphus, aux dimensions modestes et aux jeunes rameaux légèrement retombants, présente un port très élégant. L'arbuste est garni de nombreuses épines acérées.

Il fructifie tous les ans de façon abondante. Les fruits sphériques, de la taille d'un petit pois, arrivent à maturité au milieu du mois d'octobre. Ils sont très bons, acidulés, au goût de pomme. Ils persistent sur l'arbuste jusqu'au milieu de l'hiver.

Le deuxième sujet que nous possédons est planté à un emplacement beaucoup plus défavorable, très exposé aux courants d'air. Malgré tout, il pousse aussi à merveille, la quantité de fruits produits étant cependant moins importante chez ce dernier.

Toutes les tentatives pour propager nos deux arbustes par semis sont restées vaines. Nous avons semé des quantités de graines (qui sont très dures) sans jamais observer aucune germination.

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