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CULTURE
Exposition
Pour la plantation du Kaki du Japon, il faut choisir un endroit bien aéré et exposé au soleil, légèrement incliné vers le Sud, Sud-Est ou Sud-Ouest. A l'ombre ou sur des pentes exposées au Nord, les arbres sont de mauvais rapport. Mais il est nécessaire qu'ils soient abrités du vent bien que les fruits tiennent fortement à l'arbre ; sous l'effet du vent l'abondance des fruits peut causer le bris des branches.
Sol
Pour le sol en général, le Kaki du Japon n'est pas exigeant. Les meilleurs terrains sont les terrains profonds et même lourds, non secs, mais bien drainés, perméables. L'arbre ne supporte pas l'excès d'humidité et la stagnation de l'eau dans le sol ; dans ces cas, les fruits tombent avant maturité. Dans un terrain imperméable, l'arbre périt vite. Dans les terrains très légers, sablonneux, le rendement en fruits est faible. En général, le Kaki du Japon réussit dans tous les terrains à condition qu'ils soient perméables.
Plantation
Il faut planter soit au commencement de l'hiver soit très tôt au printemps ; les meilleures époques pour la plantation sont de fin Novembre à fin Décembre ou de fin Février à fin Mars. Pour la plantation de printemps, l'arrosage est nécessaire.
Distance
Il faut planter à une distance de 5m x 5m, soit 400 arbres par hectare. Pour certaines variétés dont la charpente est très étendue, comme « Hyakumé », il faut planter à 6m x 6m, soit 277 arbres par hectare.
Soins à donner aux arbres
Le Kaki du Japon en général n'est pas exigeant et n'a besoin d'aucun soin particulier ou distinct de ceux donnés à tous les arbres fruitiers, exception faite pour une opération dont nous parlerons par la suite.
Le Kaki du Japon n'aime pas autour de lui un terrain en friche couvert d'herbes. C'est pourquoi il faut toujours travailler le terrain autour des arbres, le bécher et le biner si la plantation n'est pas grande, le labourer si la plantation est considérable.
Le meilleur engrais pour le Kaki du Japon est le fumier qui doit être fourni à la même dose que pour les autres arbres. En l'absence de fumier, il faut avoir recours aux engrais verts (« cover crops »), en y ajoutant un engrais minéral.
Il faut apporter des soins spéciaux aux arbres au moment où ils sont couverts de fruits. Comme les branches sont lourdement chargées, elles risquent de se briser ; il faut placer sous les branches chargées de fruits, des barres de soutien, une dizaine sous chaque arbre.
Le Kaki du Japon, originaire d'une région à climat subtropical humide, a besoin d'humidité en grande quantité et est particulièrement sensible à l'humidité du sol. Mais l'excès d'humidité du sol provoque la chute des fruits; la sécheresse prolongée également, ou bien, ce qui se remarque souvent, les fruits ne mûrissent pas suffisamment et n'ont pas de valeur. C'est pourquoi, sous un climat sec ou s'il y a insuffisance d'humidité du sol, l'arrosage est nécessaire. L'arrosage est pratiqué dans toutes les régions de culture du Kaki où les pluies sont en quantité insuffisante. L'arrosage est fait avant le moment de la maturité des fruits. Après la cueillette des fruits, l'arrosage est complètement arrêté, mais il sera plus prudent de l'arrêter avant, notamment quand les fruits commencent à mûrir.
Taille
La taille du Kaki du Japon n'a pas d'action sur la formation des fruits, car cette dernière dépend exclusivement des pollinisateurs ; cependant, si on ne taille pas l'arbre, il s'affaiblit prématurément; les fruits deviennent plus petits, sont de peu de valeur et l'arbre dépérit.
Les fruits du Kaki du Japon, comme ceux du pêcher, apparaissent sur les coursonnes de l'année, et comme pour le pêcher, ces coursonnes annuelles ne portent pas de fruits une seconde fois. Sans taille, la formation des fruits se porte chaque année à l'extrémité des branches ; ces branches se dénudent peu à peu et ne portent des fruits qu'à leurs extrémités.
Les bourgeons terminaux donnent ordinairement des yeux à bois. Les boutons à fruits naissent du troisième au sixième œil à partir de la base du rameau.
La taille du Kaki est analogue à celle du pêcher, avec cette différence qu'elle doit être plus longue parce que la plupart des boutons à fruits sortent à partir du quatrième œil et plus loin. La taille peut être effectuée en automne et au printemps. Le meilleur moment est aussitôt après la cueillette des fruits, ou même, pendant la cueillette.
Rendement
La productivité du Kaki du Japon est considérable. Dans des conditions favorables, et avec de bons pollinisateurs, une production de 100 à 150 kg par arbre, suivant les variétés, est courante.
Cueillette
Selon que les fruits sont destinés à la consommation sur place ou à être transportés dans des contrées éloignées, on procède de façons différentes. Pour la consommation sur place, les fruits doivent être cueillis le plus tard possible, à l'état d'entière maturité, lorsqu'ils ont perdu complètement leur couleur verte et ont pris leur couleur typique. Pour le transport, ils doivent être cueillis tout à fait fermes et lorsqu'ils commencent à se colorer du haut du fruit jusqu'au milieu.
Les fruits ne doivent pas être arrachés à la main mais coupés au sécateur. Le pédoncule doit être coupé assez court pour que, lors de l'emballage, il ne puisse pas abîmer les autres fruits. En cueillant à la main, on peut arracher le pédoncule du fruit car celui-ci tient plus fortement à l'arbre qu'au fruit. Le fruit sans pédoncule perd sa valeur commerciale, ne se conserve pas, ne supporte pas le transport et pourrit.
La cueillette des fruits doit être faite avec de grandes précautions pour ne pas abîmer la peau du fruit et ne pas l'écraser. Les fruits abîmés pourrissent facilement.
Les fruits destinés au transport doivent être parfaitement sains, entiers et fermes.
Emballage
Pour les transports lointains, les fruits sont enveloppés dans du papier de soie, posés dans des cageots, comme les pêches, sur une couche de frisure sur un rang, rarement sur deux rangs. Les fruits sont posés le pédoncule en bas, debout.
Conservation
Les fruits du Kaki se conservent dans un fruitier quelconque, mais de préférence sombre. Dans un local clair, les fruits mûrissent plus lentement. Suivant qu'on doit les envoyer plus ou moins rapidement sur le marché, le local sera clair ou sombre. S'il est possible de faire à volonté la lumière ou l'obscurité dans le local où sont conservés les fruits, ce sera encore mieux.
Le local ne doit pas être très sec, car dans ce cas les fruits se rident et se dessèchent sans devenir mous et sans mûrir convenablement.
La meilleure température pour la conservation des fruits dans un frigorifique est de 0° à 1°C.
Parasites et maladies
Il y a peu de parasites sur le Kaki du Japon. Quelques-uns cependant causent de terribles dégâts.
L'un des plus dangereux est Ceratitis capitata (la mouche méditerranéenne des fruits ou mouche de l'Oranger).
Ceratitis capitata est une mouche de la grosseur de la mouche domestique, ou un peu plus grande, avec des ailes plus longues, d'aspect cireux, et des lignes transversales jaunes sur l'abdomen sombre. La mouche apparaît dès le commencement de l'été ou la fin du printemps et dépose ses œufs autour du pédoncule, sous la peau du fruit. De ces œufs sortent bientôt des larves très nombreuses qui envahissent la chair. Celle-ci se transforme en une masse foncée, brune, puante et pourrie. Les fruits sont immangeables.
Il y a deux ou trois générations de mouches par été. La récolte du verger peut être entièrement détruite.
La lutte est difficile. Les meilleurs résultats sont donnés par les pièges à mouches. On suspend sur les arbres des bocaux-pièges spéciaux, en verre, dans lesquels on verse soit de la bière avec de l'eau, soit de l'eau avec 25% de vinaigre, soit de l'eau sucrée. Les mouches sont prises dans les bocaux. Tous les 3 à 4 jours, on examine les bocaux, on vide le contenu avec les mouches prises et l'on remplit avec du liquide frais. Il faut aussi détruire tous les fruits qui ont été attaqués.
La mouche des caves, Drosophila melanogaster, dépose des œufs entre le calice et le fruit. Le fruit se dessèche rapidement. La lutte est difficile. Les pièges, des bocaux de verre emplis de vin étendu de moitié d'eau, donnent certains résultats. Ce parasite n'apparaît en grandes quantités que dans les régions vinicoles.
La cochenille, Diaspis pentagona, connue autrefois sur le Kaki au Japon seulement, est apparue aussi en France. Les pulvérisations avec une solution faible d'arsenic ou de nicotine, mais sous forte pression, dès l'apparition du parasite, et la pulvérisation en hiver, de lait de chaux avec 0,5% de sulfate de fer, sont à conseiller.
La maladie la plus dangereuse est la maladie du collet (crown gall des Américains), qui est provoquée par des bactéries (Bacterium tumefaciens). Aucun moyen radical de lutte n'existe encore.
Les arbres attaqués par cette maladie commencent à jaunir. Les feuilles, les branches perdent leur teinte normale. Le mieux est de détruire ces arbres. Le sulfatage à la bouillie bordelaise à 2% en hiver, est la meilleure mesure préventive.
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