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INFLUENCE DE LA POLLINISATION SUR L'ABONDANCE DE LA RECOLTE

 

Les recherches et les expériences du pomologue américain H. Hume ont éclairé et démontré avec certitude l'importance de cette question dans la culture du Kaki du Japon.

Ainsi, Hume a démontré que la plupart des variétés, et en particulier les meilleures, ont fortement besoin de la pollinisation et n'assurent une récolte qu'à cette condition.

S'il n'y a pas de pollinisation, il se produit une chute massive des fleurs et la récolte est insignifiante ou nulle. Des expériences et des observations de Hume, il ressort qu'il y a quelques variétés qui sont indifférentes à la pollinisation et qui donnent des fruits parthénocarpiques (sans pépins) en grand nombre. En outre, il se trouve des variétés qui, sans pollinisation, donnent toujours des fruits ; la fertilité de ces variétés est généralement très grande.

En même temps, Hume a remarqué l'irrégularité de l'apparition des fleurs mâles et sa corrélation avec la productivité. Après cela, on comprend l'inconstance et l'intermittence de la production des fruits.

Quand il y a eu beaucoup de fleurs mâles, la récolte est superbe ; quand il n'y a pas eu de fleurs mâles, la récolte est faible ou même nulle, sauf pour certaines variétés.

La situation géographique de la plantation du Kaki du Japon a une influence différente. Pour les contrées humides, la pollinisation est plus nécessaire que pour les contrées demi-sèches ou sèches. Par exemple, en Floride, en beaucoup d'endroits du Japon, à Batoum (au Caucase), etc. il serait difficile de se passer de la pollinisation, alors qu'en Californie, dans la Chine du Nord, dans la région méditerranéenne, l'importance de la pollinisation n'est pas primordiale.

Pour éviter l'irrégularité des récoltes, les américains ont introduit une variété spéciale, « Gailey », qui donne chaque année une grande quantité des fleurs mâles. Elle joue dans la plantation le rôle de pollinisatrice. Au Caucase, il existe une variété pollinisatrice locale : « Vvedenski ».

 

INFLUENCE DE LA POLLINISATION SUR LES PROPRIETES DES FRUITS

 

L'influence de la pollinisation se fait sentir, dans un groupe défini de variétés, sur la couleur et le goût de la chair.

Il existe un groupe de variétés dont la chair, indépendamment de la présence ou de l'absence de graines, est toujours claire, c'est-à-dire jaune ou orangée et très souvent âpre. Ces fruits ne sont mangeables qu'à pleine maturité, quand ils sont mous. Il y a aussi des variétés dont la chair des fruits, si ceux-ci se sont développés sans pollinisation (fruits sans pépins), reste claire et âpre, tandis que les fruits issus de fleurs pollinisées (fruits avec quelques pépins) ont une chair sucrée et foncée. Ces fruits sont parfaitement mangeables à l'état de demi-maturité, quand ils sont encore bien fermes. Il n'a pas encore été constaté de variétés à chair foncée et sans pépins.

La couleur foncée de la chair dépend de la quantité de pépins qui se sont développés et celle-ci dépend de la quantité de pollen fournie par les arbres mâles. S'il ne se développe qu'une graine dans le fruit, la chair n'est que légèrement foncée, autour de cette graine. Dans ce cas, la partie foncée est sucrée même à demi-maturité, alors que la partie restée claire est âpre et n'est pas mangeable. S'il s'est développé deux graines réparties dans deux loges opposées, la chair prend une teinte entièrement foncée et devient sucrée, elle est tout à fait comestible même à l'état vert.

S'il se développe trois graines ou plus, toute la chair devient foncée, très sucrée, et les fruits sont mangeables, même fermes, avant leur complète maturité.

De l'intensité de la pollinisation dépend le jaunissement et la saccharification partielle ou complète de la chair avec disparition de toutes traces d'âpreté dans les mêmes proportions. Dans le cas de pollinisation partielle ou faite dans de mauvaises conditions, les fruits auront une chair hétérogène, foncée et sucrée par places, claire et âpre ailleurs. Dans ce cas, la chair foncée et toujours nettement distincte de la claire.

La pollinisation amène une modification, non seulement de la couleur et du goût de la chair, mais aussi de toute la consistance du fruit. Ainsi, dans certaines variétés, en l'absence de graines, la chair des fruits à maturité est de consistance gélatineuse, et dans les fruits avec graines, c'est-à-dire provenant de fleurs pollinisées, la chair est ferme.

La pollinisation produit quelquefois des changements dans la forme et dans la teinte du fruit ; ainsi la variété « Hyakume » a des fruits qui diffèrent beaucoup de la forme typique pour un arbre donné. Dans cette variété, la couleur de la peau des fruits qui se sont développés sans pollinisation et sans pépins est jaune clair, mais chez les fruits provenant de fleurs fécondées, la peau est rouge carmin tirant sur le brun.

De ce qui vient d'être exposé ressort l'importance des arbres pollinisateurs à fleurs mâles.

C'est pourquoi dans la culture rationnelle et industrielle de cet arbre, il est nécessaire de toujours planter un arbre pollinisateur pour sept à huit arbres femelles ou d'en insérer un greffon dans la charpente de la variété stérile. Il ne faut pas oublier que les arbres pollinisateurs fleurissent souvent avant les autres. Il faut choisir des variétés de pollinisateurs qui fleurissent en même temps que les variétés à polliniser.
 

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