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L'auteur, Professeur à l'Institut
Agricole de Toulouse et Directeur Scientifique de la Station d'Arboriculture
de La Flambelle, a publié cet article
dans la revue "Fruits d'Outre-Mer", vol.3, n° 4, pages 124
à 132, 1948.
Il traite du Plaqueminier du Japon
(Diospyros kaki
L.f.) sous tous ses aspects : Origine et propagation, caractères
botaniques, composition chimique, influence de la pollinisation
(sur l'abondance de la récolte et sur les propriétés des fruits),
variétés (classification et description), multiplication, culture
(exposition, sol, plantation, soins, taille, cueillette, conservation,
parasites et maladies).
Il est particulièrement précieux pour
approfondir notre connaissance de ce fruitier fascinant et
de son fruit merveilleux du même nom (Kaki signifiant "fruit
de choix" en Japonais, appellation à laquelle souscrit entièrement
le planteur de fruitiers rares...).
En hommage à
l'auteur, nous
illustrons le présent
article en vous proposant, en dernière page de celui-ci, soixante deux
photos relatives à Diospyros kaki
(origine : Notre photothèque privée). Leur
nombre augmente au fur et à mesure que
nous disposons de nouvelles photos présentant un intérêt pour illustrer
l'article. Nous positionnons donc un raccourci vers la page photos, pour
les lecteurs ayant déjà pris connaissance de l'article et souhaitant
suivre l'évolution de la documentation photographique.
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INTRODUCTION
En Chine et au Japon, le Kaki ou Plaqueminier est l'arbre fruitier le plus répandu. Ses fruits fournissent la nourriture de la plus grande partie de la population. Durant ces dernières années, il a pris une certaine extension aux Etats-Unis d'Amérique. Cela prouve que le Kaki est un arbre fruitier précieux qui mérite une grande attention.
En France, le succès de ce précieux arbre fruitier a été compromis par la médiocrité des variétés introduites dans les jardins ; c'est pourquoi j'ai été amené à attirer l'attention des lecteurs principalement sur la question du choix des variétés et sur leur description.
Les fruits du Kaki, frais ou en conserve, sont très nutritifs et d'un goût agréable. Par leur richesse en vitamines, ils égalent les mandarines ; par leur richesse en sucre, ils sont supérieurs aux poires, aux pommes, aux pêches, aux prunes et aux abricots. A maturité, le Kaki du Japon contient 20% de sucres sous forme de mannosaccharose. La fertilité du Kaki est extraordinaire : des arbres de la variété Hachiya, en Californie, donnent jusqu'à 150 kg par pied ; les jardins de 80 à 100 arbres donnent de 8 à 8,5 tonnes de fruits ; un hectare en donne jusqu'à 30 et 35 tonnes. Ces exemples acquièrent une importance particulière si l'on tient compte de la grande teneur des fruits du Kaki en matière sèche, jusqu'à 40%, dont presque la moitié est facilement assimilable par l'organisme sous forme de sucre. Pour la dessiccation, le Plaqueminier est un fruit aussi précieux que la datte et la figue.
En faisant un choix soigneux des variétés, la culture du Kaki peut devenir, pour de nombreuses régions de France, une culture de rapport.
En France, sans parler de l'Afrique du Nord, la culture du Kaki du Japon est possible sur presque tout le territoire, à l'exception des contrées humides et froides du Nord-Ouest, du Nord, du Nord-Est et des pays montagneux. Les contrées les plus favorables à la culture de cet arbre fruitier sont les suivantes : Roussillon, Sud-Ouest, Provence, Bas Languedoc, Vallée du Rhône, Côte d'Azur, Béarn, Limousin, etc.
Les appellations du Kaki du Japon dans les divers pays sont les suivantes : au Japon, Kaki, ce qui signifie « fruit de choix » ; en Chine : Shi-Tze ; dans les pays de langue anglaise, Angleterre et ses colonies, Etats-Unis d'Amérique, Australie : Oriental Persimmon ou Date-Plum (prune datte) ; en Allemagne : Dattelpflaume ; en Italie : Loto del Giaponne ; en France : kaki ou Plaqueminier ; en Russie : Khourma.
ORIGINE ET PROPAGATION
Le Plaqueminier du Japon (Diospyros kaki L.f.) pousse à l'état spontané dans la Chine du Nord. Les Chinois l'ont mis en culture il y a environ mille ans. Au Japon, il est cultivé depuis cent ans environ. L'immense quantité de variétés de Kakis du Japon prouve l'ancienneté de cette culture en Chine et au Japon. Ainsi, au Japon, on connaît 800 variétés, et en Chine, le nombre des variétés cultivées dépasse 2.000.
En Chine, le Kaki occupe la première place dans la culture des arbres fruitiers. Il s'étend sur tout le pays, mais la principale région de sa production et de ses meilleures variétés se trouve dans les provinces du Nord de la Chine, telles que le Shan-Si, Shan-Tung, Ho-Nan, Chi-Li. Dans ces provinces, on trouve des contrées qui s'occupent exclusivement de la culture du Kaki.
Importé de Chine au Japon, le Kaki s'est répandu rapidement dans tout ce pays et y est devenu l'une des principales espèces fruitières. En dehors du Japon et de la Chine, cette culture s'est largement répandue à travers les pays du Sud-Est de l'Asie où elle est devenue l'une des principales ressources alimentaires de dizaines de millions de personnes. De l'Extrême-Orient, le Kaki fut introduit en Europe et en Amérique.
Les Européens ont fait la connaissance de ce fruit au XVIIème siècle ; mention en est faite pour la première fois par des moines jésuites qui ont voyagé en Chine, notamment le moine Ricci, en 1613.
Introduit en Europe au commencement du XVIIIème siècle, le Kaki n'a cependant été cultivé en France comme arbre fruitier que sous la Restauration. Mais jusqu'à la deuxième moitié du XIXème siècle, on ne s'en est pas occupé sérieusement. Ce n'est qu'après 1870 que cette culture a acquis, très lentement, une certaine importance. En Italie, le kaki s'est répandu seulement à partir de 1876, et à partir de 1894 en Algérie, où, grâce aux efforts du Docteur Trabut, cette culture a pris assez rapidement de l'extension. Mais jusqu'à présent en France et en Algérie, elle n'a pas acquis une importance industrielle.
Dans les Etats-Unis d'Amérique, le kaki s'est répandu depuis la fin du XIXème siècle et a pris rapidement une place notable dans les Etats du Sud et en Californie. Dans le seul Etat de Floride, on comptait, en 1927, 88.000 pieds de Kaki. Les Américains ont amélioré beaucoup de variétés et en ont introduit de nouvelles très sélectionnées.
En Russie, notamment au Caucase, le Kaki est apparu en 1888. Actuellement, il est largement cultivé sur les bords de la Mer Noire, entre Batoum et Sotchi, ainsi que sur les bords de la Caspienne (Lenkoran) et en Géorgie, sous le nom de « Khourma ».
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