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LIEUX DE CULTURE
Situation de la Corse par rapport aux autres pays méditerranéens.
A cause de sa sensibilité au froid et à la chaleur, la culture commerciale du cédrat se restreint aux régions où les hivers sont doux et les étés tempérés. C'est pourquoi les principales régions de culture du cédrat sont la Grèce continentale et insulaire, l'Italie méridionale et la Corse.
Les plantations grecques sont principalement localisées dans l'île de Crète et dans le Péloponèse.
L'ensemble des plantations couvre 340 ha et la production annuelle de fruits en 1982 a été de 88.800 quintaux. Dans ces régions l'intérêt pour le cédrat est assez récent et date du début des années 1970. En effet, de 1970 à 1974, le nombre de plants est passé de 276.000 à 398.000 et la production de fruits de 38.290 à 88.800 quintaux.
A côté des principaux cultivars 'Policarpe' et 'Limoniformis', qui occupent 90 p. 100 des plantations, on réserve quelques surfaces aux 'Kini', 'Ludaiki' et 'Romaiki' (Ethrog) à l'usage du rite religieux hébraïque.
La commercialisation des fruits est assurés par l'Association du cédrat.
En Italie, les cultures industrielles de cédrat couvrent 164 ha, principalement dans la province de Cosenza le long de la côte tyrrhénienne, plantées à 90 p. 100 en 'Liscia di diamante'. Mais on trouve également de petites cultures familiales en Sicile couvrant en tout 42 ha. L'ensemble de la production annuelle représente 22.200 quintaux. Destinés à la confiserie, les fruits mis en saumure sur place sont traités ensuite à Livourne (Toscane).
Cependant, de petites quantités sont destinées à l'extraction de concentrés aromatiques utilisés comme stimulants en pharmacie ou comme composants de parfums. La production d'huile essentielle est pratiquement inexistante. Les Italiens distinguent deux types d'huile essentielle : cédrat et cedrino.
Depuis l'entrée de la Grèce dans le Marché commun, les Italiens prennent très au sérieux la concurrence crétoise et font de gros efforts pour sauvegarder leur propre production.
On peut assurer que la production corse ne leur cause pas le même souci. La culture du cédrat de Corse a connu son apogée à la fin du XIXe siècle. Vers 1920, la production annuelle dépassait 8.000 tonnes, sur environ 1.000 ha. Au début des années 50, la Corse fournissait encore le tiers du marché mondial de cédrat en saumure. En effet, bien que situé à la limite septentrionale de son aire de développement, ou peut-être à cause de cela, le cédrat de Corse était particulièrement apprécié pour la fraîcheur et la suavité de son arôme. Qu'en reste-t-il ? En 1981-82, on a pu dénombrer 5 ha consacrés encore à cette culture, soit en tout 2.443 pieds en culture et 122 pieds isolés. Cette surface représente 0,2 p. 100 de la surface totale consacrée aux agrumes, dont la plus grande partie est réservée au clémentinier. En 1981-82, 903 quintaux de fruits ont été récoltés et commercialisés à 90 p. 100 par des grossistes. Les deux tiers des fruits proviennent de petites exploitations de moins de 0,5 ha.
Dans le cadre des mesures destinées à équilibrer les ressources de pays méditerranéens de la CEE ayant à faire face à l'entrée de l'Espagne et du Portugal dans le Marché commun, des crédits ont été alloués aux producteurs corses pour qu'ils deviennent plus compétitifs et qu'ils puissent diversifier leurs cultures. L'aide à la production de cédrat a été évoquée mais il ne semble pas que les producteurs soient très motivés. Cependant, la Station de Recherches Agronomiques de San Giuliano conduit quelques expériences sur des porte-greffes plus adaptés que le bigaradier, pour améliorer la résistance au froid et la résistance à la gommose à Phytophthora.
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