Attention à la synonymie pour les variétés de noisetiers
Auteur : Monique Torino
 

 

Pour constituer une double haie de touffes en quinconce de 24 variétés de noisetiers (Corylus avellana et Corylus maxima), tout en tenant compte des contraintes de pollinisation, l'auteur a dû réaliser un long travail de recherche bibliographique et de repérage de fournisseurs français et étrangers. Au cours de celui-ci, elle a découvert l'existence de nombreuses synonymies dans les appellations des variétés et nous en rend compte, tout en lançant un appel aux lecteurs pour agrandir et affiner la liste qu'elle a pu établir.

 

 

Dans nos collections de fruitiers rares, les sujets sont regroupés par parcelles thématiques. Celles-ci sont délimitées par des haies, qui jouent le rôle d'éléments structurants d'une part et de brise-vents d'autre part.

Je cherchais avec quoi constituer la haie de limite Est de la parcelle dénommée "fruitiers à coques". Elle regroupe nos spécimens à fruits secs entourés d'une coque : Plusieurs cultivars de Carya illinoinensis, quelques variétés de Juglans regia à caractéristiques insolites (telle 'Rubis' à cerneaux de couleur rouge), Xanthoceras sorbifolia, un couple de Pistacia vera, Prunus tenella 'Fire Hill', Juglans nigra 'Thomas', quelques cultivars de Prunus amygdalus à caractères remarquables (par exemple à fleurs de couleur rose marqué), des noisetiers exotiques (Corylus thibetica, Corylus sieboldiana var. mandshurica...), une petite collection de noisetiers d'Europe (Corylus avellana et Corylus maxima) constituée de variétés particulières pour leur port (contorta, pendula...), ou la couleur ou la forme de leur feuillage (purpurea, laciniata...).

Dans cette parcelle figurait un seul noisetier courant, servant de témoin pour mieux faire observer les particularités des autres espèces ou variétés de Corylus, mais sélectionné tout de même pour la grosseur exceptionnelle de ses fruits (Corylus maxima 'Marcel Rivier').

Appréciant les noisettes, j'aurais aimé cultiver plus de variétés de noisetiers communs (Corylus avellana et Corylus maxima), mais il ne s'agissait pas vraiment de fruitiers rares...

En regardant la parcelle à délimiter, tout en réfléchissant à la nature de la haie que je devais mettre en place, une soudaine association d'idées me donna la solution idéale : La haie pourrait être constituée d'une double rangée de touffes, en quinconce et assez rapprochées, de variétés différentes des deux espèces du noisetier courant en Europe ...

Enthousiasmée par cette solution, je piquetai la future haie et le résultat satisfaisant obtenu, je dénombrai 24 sujets à planter. Je devais donc trouver 24 variétés différentes, car je tenais absolument à  diversifier de façon optimale la gamme des formes et des goûts des fruits et à obtenir un échelonnement des récoltes le plus large possible.

En outre,  pour maximiser la production de fruits, je devais tenir compte des contraintes de pollinisation, fortes chez le noisetier : Pollinisation croisée entre variétés déterminées d'une part et caractère anémophile des espèces concernées d'autre part. Ces deux éléments étant donc à prendre en compte pour la  répartition des variétés les unes par rapport aux autres, et pour leur disposition par rapport aux vents dominants...

Il m'a fallu trois années de consultation de nombreux ouvrages, de catalogues de pépiniéristes, de recherches Internet, de conversations avec les professionnels français en connaissant assez sur les différentes variétés de noisetiers, accompagnées de commandes dans différentes régions de France et chez quelques pépinières européennes pour mener mon projet à bien.

Je commence depuis deux ans à récolter les premiers fruits de ma double haie de 24 variétés de noisetiers, que j'ai plantées de façon progressive, au fur et à mesure de l'avancement de mes connaissances et de mes trouvailles.

Au cours de ce travail important, j'ai constaté, sans surprise, que la confusion taxonomique règne aussi parmi les variétés de noisetiers. Cette confusion (synonymie et polysémie) me paraît en effet inévitable en matière de dénomination de variétés fruitières, quelle que soit l'espèce concernée, donc aussi pour le noisetier, en raison des mouvements migratoires des populations, des particularismes locaux, de la faillibilité de la nature humaine et de l'extrême diversité pomologique héritée de la longue tradition culturale de l'Humanité.  

Je pense utile de vous faire part de mes découvertes, et j'espère que certains lecteurs contribueront à agrandir et à affiner la liste de celles-ci en me faisant part de leurs connaissances et expériences.

J'ai recensé ainsi les synonymes suivants pour les cultivars fruitiers :

Bergeri : Louis Berger - Noisette bergère

Blanche longue : Aveline à pellicule blanche - Blanche de Lombardie - Franche blanche

Cosford : Coxford - Prolifique à coque tendre

Daviana : Davidiana

De Kerazonde : Sivri

Fertile de Coutard : Aveline d’Alger - Aveline de Provence - Barcelona - Commun à fruits striés - Grosse romaine - Pellicules blanches - Rouge ronde - White Filbert

Gunslebert : Gunslegen - Gunslegener - Zellernuss

Impériale de Trébizonde : Fondouk de Trébizonde - Kargalak

Keressen : Foundouk

Merveille de Bolwiller : Géante des halles - Hallesche Riensen - Wunder von Bollwiller

Negret : Alforga - La Maso - La Selva - Montroig - Pobla de Mafumet

Nottingham : Pobla de Mafumet - Frühe Nottingham

Ronde du Piémont : Aveline du Piémont - Ronde gentille des Langhes - Gentile del Langhe

Rouge longue : Aveline à pellicule rouge - Rouge de Lombardie

Je signale aussi que j'ai rencontré, pour la variété ornementale (mais à bons fruits rouges) var. purpurea, le synonyme var. fructo rubro.

Pour les variétés suivantes, je n'ai pas trouvé de synonymes, mais il en existe probablement pour certaines d'entre-elles : Aveline d’Angleterre, Badem, Butller, Bontnut, Campanica, Corabel, De Beyne, Dowton, Ennis, Ferevril, Grossal, Impératrice Eugénie, Lansing, Longue d’Espagne, Morell, Mortarella, Pauetet, Segorbe, Tonda Di Giffoni, Tonda Romana, Web’s Prize Cob.  
 

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