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L'auteur souligne la variabilité des fruits de l'azérolier (azéroles) dont il faut avoir conscience pour éviter les déconvenues lorsque l'on souhaite introduire chez soi cet attachant fruitier méditerranéen, à mi-chemin entre le sauvage et le cultivé.
L'azérolier (Crataegus azarolus) appartient au genre des Crataegus, que l'on appelle communément les aubépines ou épines, et que certains nommaient les crataèques au 19 ème siècle.
Le fruit des aubépines de France, appelé cenelle, est insipide, farineux et de petite taille. C'est le cas par exemple pour l'aubépine (ou épine) à un style (Crataegus monogyna) ou pour l'aubépine (ou épine) commune (Crataegus oxyacantha).
L'azérolier, aubépine indigène de la région méditerranéenne, constitue une exception : Son fruit, l' azérole, possède un goût agréable (parfumé et acidulé) qui rappelle parfois la pomme, et est au moins deux fois plus gros que les cenelles des autres aubépines.
Il ne faut pas confondre l'azérolier avec certaines formes sauvages hybrides de Crataegus ou d'autres espèces de Crataegus, qui produisent elles aussi des fruits appréciés, car dotés d'une saveur agréable plus ou moins marquée, différente de celle de l'azérole.
En présence d'un arbuste à identifier hors période de fructification, pour émettre l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'un azérolier il faut vérifier la présence du caractère suivant : Les feuilles de l'arbuste doivent être nettement laciniées (elles présentent 3 ou 5 lobes très profonds).
Deuxième critère requis : Si l'on est en période de floraison, la floraison doit être blanche.
Voir photo des feuilles et fleurs.
Ces deux caractères ne suffisent pas à déterminer qu'il s'agit d'un azérolier, car d'autres espèces de Crataegus les possèdent également. Mais ils permettent d'affirmer de façon certaine qu'il ne s'agit pas d'un azérolier si l'arbuste à identifier ne les possèdent pas (feuilles pleines de toutes formes, de l'arrondie à la lancéolée, ou floraison rose ou rouge : Vous êtes certains de ne pas être en présence d'un azérolier...).
J'entends souvent mes interlocuteurs s'écrier, lorsque j' évoque l'azérolier : "Ah, oui, j'en ai goûté de passage à tel endroit, c'est très bon, j'en voudrais bien un!" ou "Mes parents en avait un dans leur jardin, j'en garde un merveilleux souvenir, on en trouve encore? Où peut-on s'en procurer?".
Je dois alors tempérer les enthousiasmes. En effet, en acquérant un azérolier, ou en prélevant des greffons dans la nature, on est presque certain d'obtenir des fruits différents de ceux dont on a le souvenir (ce qui ne veut pas dire qu'ils vont être mauvais, même s'il y a un risque pour qu'ils soient quelconques).
Ceci est dû à la grande variabilité du fruit de l'azérolier. Il en va pour les azéroles comme pour les pommes ou les pêches : Selon la variété le fruit est différent, et si la variété n'est pas sélectionnée le fruit peut être décevant.
La variabilité de l'azérole porte sur le goût : Elle peut être plus ou moins acidulée et plus ou moins parfumée. Certains azéroliers produisent des fruits sans attrait car peu parfumés ou trop peu acidulés.
La variabilité se révèle aussi au niveau de la texture de l'azérole, les fruits s'avérant plus ou moins juteux selon les individus.
Elle existe également dans la taille de l'azérole. Les plus petites que l'on rencontre (souvent portées par des individus issus de semis) ne dépassent pas la taille d'une cenelle d'aubépine ordinaire. Les plus grosses frisent les quatre centimètres de diamètre chez certains cultivars.
Enfin, la variabilité se constate dans la couleur du fruit : Rouge plus ou moins foncé, jaune pâle, jaune soutenu, de nuance orangée et même blanc d'après la littérature spécialisée, bien que je n'ai jamais vu d'azéroles blanches, ni en nature, ni en photos (toutes les variétés dites à fruits blancs que l'on m'a présentées avaient des azéroles de couleur jaune pâle, parfois rosée sur les parties exposées au soleil).
Pour ne pas être déçu, il convient donc de voir et goûter le fruit avant prélèvement de greffons ou acquisition.
Chez les pépiniéristes multipliant eux-mêmes leurs azéroliers, on peut se fier bien sûr à la description qu'ils en font lorsque l'on est hors période de fructification.
Nous avons traité de la variabilité du fruit, mais pour sélectionner une variété optimale d'azérolier il faut aussi tenir compte du phénomène d'alternance (production de fruits une année sur deux seulement). En effet, beaucoup de variétés d'azéroliers sont sujettes à l'alternance, souvent très marquée.
Ce phénomène n'est pas rédhibitoire si la variété présente un fruit exceptionnel, mais il appauvrit encore plus l'intérêt des variétés de qualité moyenne.
Pour illustrer la variabilité du fruit de l'azérolier, je présente la photo de quatre variétés d'azéroles, issues de ma collection de Crataegus, avec pour témoin une cenelle d'épine ergot de coq (Crataegus crus-galli).
Mais quelle que soit la valeur relative de l'azérole, le spectable d'un azérolier en fruits ne peut laisser indifférent un planteur de fruitiers rares... Voir photo de deux azéroliers en fruits, l'un à très gros fruits jaunes et l'autre à fruits moyens rouges.
Je profite de cet article pour lancer un appel vers ceux des lecteurs qui pourraient me faire connaître (et me permettre d'acquérir ou de multiplier) une variété d'azérolier à fruits vraiment blancs, s'il en existe (dans la nature, chez eux, chez un professionnel ou un particulier, ceci en France ou à l' Etranger...).
Pour me contacter : E-Mail.