Dégustation de ma première asimine
Auteur : Gilbert Guébey
 

 

L'auteur a planté deux asiminiers (Asimina triloba) dans son jardin des Alpes-Maritimes. Après quelques années d'attente, il vient de récolter les premiers fruits (asimines). Il nous fait part du résultat de la dégustation...

 

 

Je cultive dans mon jardin des Alpes-Maritimes deux asiminiers (Asimina triloba). L'un, âgé de six ans, est issu de semis ; l'autre, âgé de deux ans, est un cultivar 'Davis' acquis auprès de la Pépinière de la Vallée de l'Huveaune (voir coordonnées dans la rubrique "Pépinières France" du site).

Ils poussent dans un sol argilo-calcaire et bénéficient du soleil une bonne partie de la journée. Le plus âgé mesure 2,20 mètres de haut, le second 0,50 mètre.

Le cultivar n'a pas encore fleuri, mais sur le sujet issu de semis j'ai observé pendant trois ans des fleurs qui n'ont pas donné de fruits. Cette année, j'ai réussi à lui faire produire un groupe de fruits (voir photo n°1 pour l'asiminier et photo n°2 pour ses fruits avant maturité).

J'ai obtenu ces fruits par pollinisation manuelle. La littérature américaine précise en effet que trois facteurs limitants affectent la fécondation des fruits de  l'Asiminier : pollen auto-incompatible ; protogynie ; les abeilles ne s'intéressent pas à ses fleurs. Il faut préciser d'ailleurs que certains cultivars sont reconnus autofertiles aux Etats-Unis ou en Europe ('Sunflower', 'Georgia', 'Prima 1216').

J'ai appris récemment que d'autres membres de la confrérie ont obtenu des fruits sans pollinisation manuelle, avec deux variétés différentes plantées dans un rayon de 10 mètres. Je tenterai donc, les prochaines années, la production de fruits sans pollinisation manuelle, du moins sur une partie des fleurs (si mes deux sujets fleurissent, pour que l'interfécondation soit possible).

N'ayant qu'un seul sujet en fleurs, et compte tenu des facteurs précités limitant la fécondation,  j'ai demandé l'autorisation de prélever quelques rameaux fleuris sur un asiminier âgé situé dans le jardin botanique de la station INRA de la Villa Thuret, au Cap d'Antibes.

J'ai placé ces rameaux dans un bocal contenant de l'eau et j'ai prélevé le pollen à l'aide d'un pinceau, pour le déposer sur les stigmates des fleurs de mon asiminier. La fécondation a réussi. J'ai pu noter par la même occasion que les rameaux fleuris se fanent très vite hors de l'arbre.

Les fruits mûrs sont tombés à la mi-septembre, à quelques heures d'intervalle. Je les ai placés dans une assiette pour les observer quelques temps.

Leur taille est attractive. Elle est plus importante encore chez certains cultivars. Un membre de la confrérie m'a rapporté avoir récolté des fruits gros comme le poing. La couleur de la peau présente des nuances allant du vert au jaune, avec quelques taches marron. Ces fruits dégagent un parfum puissant et agréable, à tel point que ma femme en entrant dans la cuisine sans les voir m'en a fait la remarque.

Les fruits ne paraissant pas se conserver correctement, je décidai de les consommer dès le lendemain. En ce jour "solennel", j'ai pris quelques photos des fruits sur l'assiette (voir photo n°3), puis j'ai tranché le plus gros dans le sens de la longueur pour un dernier cliché avant dégustation (voir photo n°4).

Je suis sous le charme : chair de la couleur de la mangue, texture fondante, goût rappelant à la fois celui de la banane et de l'ananas, arôme toutefois moins perceptible en bouche qu'à l'odorat. Les graines assez grosses, aplaties, de couleur marron soutenu et lustrées n'altèrent pas de façon significative le plaisir de déguster le fruit. Certains cultivars présentent moins de graines.

Je ne peux donc que vous conseiller de planter des asiminiers (en rappelant à ceux qui ne connaissent pas ce fruitier qu'il peut résister à -20°C, exception parmi les Annonaceae).

 

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