Diospyros kaki 'Farmacista Cicilia' : Un plaqueminier méritant
Auteur : François Drouet
 

 

 

Je possède dans mon jardin à La Seyne sur Mer, près de Toulon, un plaqueminier du Japon (Diospyros kaki) qu'il me paraît intéressant de présenter. Il pousse dans un sol à tendance argileuse, de pH calcaire et il bénéficie d'un bel ensoleillement.

En quoi est-il méritant?

Deux caractères remarquables pour ce plaqueminier :

En premier lieu, il est de taille réduite : Agé de trente ans, sa hauteur n'est que de 2,5 mètres et son port naturellement retombant facilite d'autant plus la récolte (photo n°1). Pourtant, il ne subit qu'une taille fruitière destinée à éviter que la fructification ne s'éloigne exagérément de la charpente. Celle-ci lui est appliquée tous les deux ans. En effet, les fruits du kaki apparaissent sur les coursonnes de l'année, et ces coursonnes annuelles ne portent pas de fruits une seconde fois (cas identique à celui du pêcher). Sans taille, la formation des fruits se porte chaque année au bout des branches; celles-ci se dénudent peu à peu et ne présentent alors des fruits qu'à leurs extrémités. Voir les fleurs non épanouies sur le rameau de l'année (photo n°2). Une fleur épanouie est présentée en photo n°3.

En second lieu,  son fruit rassemble un ensemble de qualités qu'il est rare de trouver réunies sur une seule variété : Aspect attractif (taille séduisante, belle couleur orange moyen, forme agréable), texture dense, goût marqué, peu ou pas de noyaux, peau tendre mais tendance à la fissuration faible.

Une précision concernant le goût : Je le trouve supérieur à celui de toutes les variétés que j'ai pu consommer jusqu'à présent, notamment  Lycopersicon, Costata, Hiratanenashi et Rojo Brillante.

Pour les spécialistes, je précise qu'il s'agit d'une variété de type PCA (pour être concis, le fruit est consommé après blettissement et son mode de consommation est indépendant de la pollinisation).

Comme la majorité des kakis, ce sujet produit abondamment et de façon régulière, sans alternance. La maturité des fruits débute assez précocement pour la région (dernière semaine de Septembre) et la récolte est échelonnée sur cinq semaines (jusqu'à fin Octobre). Voir photo n°4 et photo n°5.

La taille des fruits, assez uniforme, ne varie pas sensiblement d'une année sur l'autre, quelles que soient les spécificités climatiques de l'année (photo n°6).

L'arbre existant déjà lorsque j'ai pris possession de la maison, je ne sais pas si cette variété a été décrite et nommée en France. Je ne l'ai jamais trouvée dans mes recherches bibliographiques pourtant approfondies et les nombreux contacts que j'ai eus à son sujet sont restés sans résultats.

Peut-être s'agit-il d'un semis local? Il peut s'agir aussi d'un descendant de la collection de Diospyros kaki introduite du Japon à Toulon en 1870 par l'ingénieur des constructions navales Edouard Dupont (sous la forme de plusieurs dizaines de variétés nommées uniquement en japonais).

J'ai donc baptisé cette variété 'Farmacista Cicilia', pour la dédier à quelqu'un que j'aime beaucoup et en clin d'oeil au professeur Bellini, de l'Université de Florence, dont la collection de kakis comprend la variété 'Farmacista Honorati' (voir "Monografia delle cultivar di kaki"; Elvio Bellini; Université de Florence; 1982).

Je profite de cet article pour lancer un appel afin que vous me fassiez connaître une variété, même non nommée, de Diospyros kaki avec un fruit de qualité satisfaisante, de maturité très tardive et de récolte très échelonnée, qui garde les fruits sur l'arbre après la chute du feuillage, si possible après la Noël sur le littoral varois.

Pour me contacter : E-Mail.
 

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