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Phoenix Jubae ( Webb et Berth.) Christ
Ce palmier, aujourd'hui connu sous le nom de Palmier des Canaries, est abondamment cultivé depuis une trentaine d'années sur le littoral méditerranéen, en France, en Espagne, en Italie, etc., et sur le littoral de l'Atlantique, depuis le Portugal jusqu'à Brest.
Ses dattes mûrissent parfaitement dans le midi de la France, mais la pulpe sèche et mince n'est pour ainsi dire pas comestible. Toutefois, il pourrait être amélioré, et c'est la raison pour laquelle nous le signalons. En voici la synonymie :
Phoenix dactylifera var. ß Jubae Webb et Berthelot. Phytogr. Canar. III, p. 289 = P. Jubae Christ in Engler's Bot. Jahrb. IX, 1887, p. 170 = P. canariensis Wildpredt in B. Chabaud, Provence agricole et horticole, n° 19, octobre 1882, p. 293 et fig. 66-68 ; Naudin : le grand Palmier des Canaries, Rev. Hort., 1885, pp. 541-42 ; E. André : le Dattier des Canaries, Rev. Hortic., 1888, pp. 180-181 = P. Vigieri Hort. = P. reclinata Hort. Kew (non Jacq. )
Cette espèce se différencie du dattier commun par un tronc massif et très renflé, ses grandes palmes dressées, vertes et non glauques. A maturité les fruits sont petits, de la taille d'une noisette, d'un jaune pâle, à pulpe très mince. Enfin, suivant Beccari, la corolle dépasse à peine le calice ; elle est deux fois plus longue dans P. dactylifera. Les deux espèces sont donc bien distinctes et l'on s'étonne qu'elles aient été si longtemps confondues. La seconde constitue au moins un jordanon par rapport à la première. Décrite d'abord par Webb et Berthelot comme variété du P. dactylifera et indigène aux Canaries, elle y fut retrouvée vers 1885 par Christ et Bolle.
Selon ces naturalistes, elle est cultivée et spontanée aux Canaries, notamment dans la région rocheuse et inculte de la Caldera de Palma. Pitard l'indique comme très commune dans toutes les îles de l'archipel canarien, sauf à Graciosa et à Alegranza. A Las Palmas, je l'ai vue plantée en avenues, concurremment avec de vrais dattiers, à fruits à peine comestibles. Les premières plantes apportées à la Côte d'Azur venaient des établissements Linden à Gand. Ils furent plantés dans les jardins de la Villa Vigier à Nice, en 1864. Quelques années plus tard, Wildpredt, directeur du jardin d'acclimatation d'Orotava, expédia en Europe des quantités de graines de cette espèce qui permirent de la multiplier sur tout le littoral méditerranéen, mais ce n'est qu'en 1882 qu'elle fut décrite de nouveau par B. Chabaud, alors directeur du jardin botanique de Saint-Mandrier, près de Toulon.
A l'heure actuelle, ce magnifique palmier constitue le principal ornement des jardins de la Côte d'Azur et il contribue, plus que tout autre végétal, à donner à la flore acclimatée dans ce pays un aspect tropical.
C'est un des palmiers qui supportent les froids les plus bas. Sur le littoral de Provence, il a presque partout résisté aux gelées de décembre 1920, au cours desquelles le thermomètre descendit au-dessous de -8° en plusieurs points de la côte ( Le P. canariensis, comme du reste P. reclinata et quelques autres espèces très rares dans les jardins de la Côte d'Azur, ont souffert très peu de la grande gelée de 1920. Leur fructification a été normale ou même plus abondante en 1921. Robertson-Proschowsky). Avant la guerre, la région de Hyères vendait chaque année 362.500 jeunes Phoenix de cette espèce, pour l'ornementation des jardins ou des appartements (Foussat, cité par C. Gatin. Les Palmiers, 1912).
Le P. Jubae n'est pas resté localisé sur le littoral. Il peut vivre en plein air toute l'année dans les jardins abrités de tout le domaine de l'olivier et à proximité des côtes de l'Océan et de la Manche réchauffés par le gulf-stream; il supporte aussi les hivers en pleine terre. Nous en avons vu en 1923 de beaux exemplaires à Roscoff ( Finistère), où ils fleurissent, mais ils n'y mûrissent pas leurs graines.
A Cherbourg, quelques beaux individus existent également en pleine terre, en particulier au Parc Liais et ils y passent les hivers sans abri.
Phoenix Jubae var. edulis ( Robertson-Proschowsky) comb. nov.
Parmi les diverses variétés du Palmier des Canaries cultivées à la Côte d'Azur, le Dr Robertson Proschowsky, de Nice, a signalé sous le nom de P. canariensis var.
edulis (Fruitiers exotiques sur la Côte d'Azur, p. 12. ), une forme cultivée dans son jardin qui ne se distingue en rien du type, si ce n'est que les dattes ont une pulpe mince mais de saveur agréable. M. P. Popenoë qui les a dégustées, écrivait en 1912 que « si ce palmier pouvait être cultivé en Californie du Sud, toute maison pourrait cultiver des dattes pour l'usage de la famille ». Toutefois, le Dr Robertson Proschowsky remarque que la chair est peu abondante et que la plante aurait besoin d'être améliorée par sélection. Ce palmier vit toujours, mais très rarement il donne quelques dattes mûres parce que les rats les mangent avant leur complet développement.
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