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 Phoenix intermedia Naudin in Beccari

 

C'est sous cette appellation qu'on réunit les hybrides très variés de P . dactylifera et P. Jubae. La synonymie du groupe, d'après Beccari, est la suivante :

P. intermedia Naudin in Beccari, I. c., 1886-90, p. 364 = P. Hybrida E. André Rev. Hortic., 1888, p. 366 = P. dactylifera x canariensis Beccari.

Il existe des formes nombreuses reliant les deux espèces, ce qui s'explique par la grande variabilité des parents. A Menton et à Nice, j'ai observé plusieurs de ces formes, à port de P. Jubae mais à feuillage glauque. Il en existe qui donnent abondamment de petits fruits jaunâtres, à pulpe mangeable, mais sans saveur.

Dès 1893, E. André avait émis l'opinion que certains de ces hybrides pourraient donner de bonnes dattes, et il pensait que c'était dans ce groupe qu'on pourrait trouver des formes fructifères cultivables sur la Côte d'Azur (Fructification dans la région méditerranéenne d'arbres plus ou moins rares. Bull. Soc. Agric., 1893, p. 19 ).

Effectivement, A. Chabaud a signalé quelques années avant la guerre, l'existence dans un jardin du Golfe Juan, d'un palmier hybride appartenant à ce groupe. Il le nomme P. canariensis glauca, et il lui attribue « des fruits noirs à maturité de la grosseur de ceux de P. canariensis, à pulpe aussi savoureuse que celles des dattes d'Afrique, mais moins charnue » ( Palmiers de la Côte d'Azur, p. 142). M. Robertson Proschowsky, qui a dégusté ces fruits, nous écrit que la chair était moins abondante et moins bonne que chez sa variété edulis, signalée plus haut.

A notre connaissance ce dattier n'a pas été revu, et nous ignorons s'il est toujours vivant et si on a essayé de le multiplier.

Il existe encore plusieurs autres espèces de Phoenix qui mûrissent leurs fruits dans les jardins de la Côte d'Azur, mais ils sont sans intérêt au point de vue qui nous intéresse ici.

 

Conclusions

 

On voit par les notes précédentes, que les dattiers à bons fruits vivant sur notre littoral méditerranéen se réduisent à quelques sujets appartenant à des formes diverses. Leur apparition est due au hasard et aucun effort n'a encore été fait pour multiplier et sélectionner ces formes ou en obtenir d'autres. On s'est contenté de multiplier et de répandre les formes ornementales partout où elles pouvaient vivre. Dans les semis effectués, il est apparu de loin en loin des individus donnant de bonnes dattes, mais on n'a point cherché à fixer ces formes et encore moins à les améliorer.

Pour obtenir des résultats dans cette voie, il faudrait faire des semis nombreux, mais étant donné la faible étendue des terrains convenant à cette culture existant à la Côte d'Azur, il n'est guère recommandable d'entreprendre des expériences sur une grande échelle, car elles finiraient par être coûteuses, pour aboutir, en définitive, à de faibles résultats, même si elles réussissaient. Pour les amateurs de notre Midi qui voudraient tenter la fortune d'avoir, selon l'expression de Popenoë, dans leur jardin des dattes pour l'usage de la famille, il sera plus rationnel de planter, dans les lieux ensoleillés dont ils disposent, des drageons de bonnes variétés de dactylifera provenant du Sahara, ou mieux encore de l'oasis d'Elche. L'expérimentation seule permettra de dire si elles peuvent supporter les hivers tout en donnant de bons fruits.

L'étude de ce palmier si précieux pour nos possessions de l'Afrique du Nord, et même de la Mauritanie et du Nord du Soudan, ainsi que du bassin du Tchad, devrait tenter davantage les chercheurs. Un spécialiste américain auquel on doit d'utiles recherches sur les arbres fruitiers, M. Paul Popenoë écrivait récemment à un de nos correspondants : « Combien il est étrange que les botanistes français et les horticulteurs ne s'occupent pas sérieusement eux-mêmes du dattier ! S'ils le font, je ne vois aucune de leurs publications. Ils n'ont même pas pris la peine de faire une liste des variétés de dattier croissant dans chacune de leurs possessions. Un jour, ils se réveilleront et entreprendront des études qui enrichiront leur pays aussi bien que le monde de la science. »
 

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